Dans ce petit village portuaire de quelque 2 300 âmes, aux confins du cercle polaire, "l’atmosphère est remplie d’excitation", confie l’édile Kristjan Thor Magnusson.

Le sol de l’artère principale d’Husavik a été peint en rouge pour l’occasion, une manière pour ses habitants de fouler, eux aussi, le tapis rouge des stars attendues dimanche à Los Angeles.

Celle que l’on surnomme "la capitale européenne de l’observation des baleines" - où les touristes en excursion sont quasi assurés de croiser un cétacé - se prend à rêver depuis la nomination de "Husavik - My Home Town" ("Husavik - Ma ville natale", en français), dans la catégorie meilleure chanson originale. Le titre est le point culminant du film Eurovision Song Contest : The Story of Fire Sa ga, une comédie produite par Netflix qui raconte le parcours semé d’embûches de deux musiciens, joués par Will Ferrell et Rachel McAdams, représentant l’Islande au concours international de la chanson.

Interprétée à l’écran par Rachel McAdams, la ballade au piano mélangeant l’anglais à l’islandais est à l’origine chantée par l’artiste suédoise Molly Sandén.

Une ode qui a conquis le cœur des habitants d’Husavik : "C’est devenu l’hymne de la ville depuis la sortie du film", raconte Kristjan Thor Magnusson. "Partout les gens peuvent s’identifier à ce type de sentiment, celui d’avoir le mal du pays ou d’aimer sa ville natale", poursuit le maire, en référence aux paroles de la chanson.

La municipalité a lancé début mars une campagne baptisée "Un Oscar pour Husavik", dans l’espoir de voir la ville remporter une statuette dorée.

"J’essaye de garder les deux pieds sur terre : il y a bien sûr une chance de gagner mais je ne m’y attends pas", confesse Hinrik Wöhler, en charge du tourisme pour la municipalité, pour qui toute cette attention médiatique est une publicité inespérée. "L’exposition et tout ce qui tourne autour du film et des Oscars ont été tellement énormes pour nous que je ne peux pas être déçu si nous ne gagnons pas", reconnaît-il.