L’annonce du décès, dimanche, de Claude Chabrol, a suscité de nombreuses réactions.

"Son œuvre prolixe et empreinte d’ironie dissèque sans concession, souvent avec crudité et férocité, les bassesses et les abjections de l’âme humaine, mais aussi le désespoir des êtres happés par la fatalité et emprisonnés dans des jeux de pouvoir", a dit de lui Véronique Cayla, présidente du Centre national du cinéma (CNC).

Pour le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand, Chabrol était un "analyste subtil, drôle et féroce [ ] doué d’un regard à la fois malicieux et foudroyant, il était l’anticonformiste par excellence, un maître de l’ironie".

"Nul mieux que lui a su, sur un mode décapant et parfois féroce, mettre en scène l’hypocrisie et la veulerie d’une certaine bourgeoisie", a réagi un de ses prédécesseurs, Jack Lang, à l’annonce de la disparition du cinéaste.

Gérard Depardieu, sur RTL, a salué un homme qui "avait tout, il avait l’histoire du cinéma, il avait la passion, il avait aussi l’enfance, le rire, aussi le plaisir". Parlant du "coup de tonnerre" de la nouvelle de la mort de Chabrol, Thierry Frémaux, directeur du Festival de Cannes, a déclaré sur France-Info : "Je crois qu’on va retenir la diversité des sujets qu’il entreprenait. Et puis surtout, je crois qu’on retiendra son amour des acteurs. C’est quelqu’un qui est identifié à plein de générations d’acteurs." Interrogé par la même chaîne, Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française, a rendu hommage à "un homme absolument délicieux, malicieux, d’une intelligence incroyable et dont il ne laissait percevoir que quelques aspects. Il aimait rire, il aimait les blagues, il blaguait et il se masquait en blaguant. [ ] Ce que je retiens surtout, c’est l’œuvre. C’est le cinéaste français qui a fait le plus grand nombre de films depuis 1957-58 [ ] C’est surtout une œuvre d’une cohérence incroyable, [ ] incroyablement forte. J’ose dire qu’il y a eu une période dans le cinéma français, je pense à la fin des années 1960, quand il fait "Le Boucher", "Que la bête meure", "La Femme infidèle", où il est à mon avis le meilleur cinéaste français."

"Il épinglait la bourgeoisie de province", a commenté sur LCI le comédien François Berléand, ajoutant : "Ces plateaux étaient très drôles, tout le monde s’amusait, c’était un vrai bonheur. C’est quelqu’un qui découvrait les plateaux en même temps que les acteurs. [ ] C’est quelqu’un qui était amoureux de la vie."

Claude Chabrol - chez qui Nicolas Sarkozy voyait "de la truculence" et "du Rabelais" - affirmait : "La différence entre le gourmet et le gourmand me fait bien rigoler, il faut savoir être les deux !" (D’après AFP et AP)