Avec Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg

Il a d’abord essayé une thérapie, puis une psychanalyse et comme l’obsession restait entière, Yvan Attal a décidé d’en faire un film. Une obsession, quelle obsession ? Celle de l’antisémitisme. Il voit des antisémites partout. Une façon de répondre avec humour à ceux qui voient des juifs partout.

Naïvement, on pensait qu’Yvan Attal avait évacué sa judéité avec "Les Patriotes", le reste de sa filmographie ne révélant pas, à première vue, une obsession qui lui prendrait la tête à ce point. Quel point ? Celui de connaître le nombre de juifs dans chaque pays du monde, par exemple !

Et d’affronter, l’un après l’autre, et avec humour, les clichés liés aux juifs. Cela commence avec l’omniprésence du pouvoir juif relayé par l’extrême-droite à la Le Pen. Et de manier la rhétorique de la Marine dans toute son habilité et sa duplicité. Un exercice de tribun politique qui amuse beaucoup Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton.

Tous les juifs sont riches, autre cliché que Dany Boon se ramasse en pleine poire. Sa femme l’avait épousé sur cette base, pensant qu’elle deviendrait pétée de tunes et la voila claquemurée dans le minuscule appartement d’une tour en béton. Il a tellement la loose qu’il en vient à douter de sa judéité, et même d’y renoncer faute de bilan comptable satisfaisant. Là aussi, Charlotte Gainsbourg y va d’un tout grand numéro de furie.

Et ainsi de suite, Yvan Attal passe en dérision les clichés pour mieux les ridiculiser et offrir des beaux numéros d’acteur à quelques bons collègues.

Soit un film à sketches, avec des ambiances, des styles, des inspirations très différentes. Ils sont reliés les uns aux autres par un Yvan Attal livrant à un psychanalyste et aux spectateurs ses obsessions, son incompréhension face à cette haine millénaire, exposant son angoisse devant la montée du communautarisme.

On espère pour lui, que le traitement a été efficace. Faut-il le prescrire au spectateur ? Ça ne peut pas lui faire de tort, peut-être même lui faire du bien par moments.

C’est le propre du film à sketches d’être inégal. Certains fonctionnent, d’autres beaucoup moins bien. Quant à l’efficacité de la démarche, le remède peut paraître superficiel dans la mesure où il évite les questions qui fâchent - Palestine, Yvan connais pas - et que l’humour n’est pas AOC. Ça n’a jamais le goût subtil de Woody Allen, en tout cas.


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 Réalisation : Yvan Attal. Scénario : Yvan Attal, Emilie Frèche. Avec Yvan Attal, Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Grégory Gadebois, Denis Podalydès, Gilles Lellouche… 1h51