Image, mouvement : poèmes
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Cinéma

Image, mouvement : poèmes

M. Ba.

Publié le - Mis à jour le

Les amateurs de danse, voire les connaisseurs de l'oeuvre de Michèle Noiret s'y précipiteront, à raison. Nul besoin pour autant d'être un spécialiste de la danse pour goûter à la poésie de ces deux films de Thierry Knauff. En faisant fi des catégories, en se nourrissant plutôt d'une rencontre, d'un échange, le cinéaste a imaginé un trajet qui croise celui de la danseuse et chorégraphe. À leur intersection : le corps, cette matière dense, plurielle, palpable, fuyante, marquée par la lumière et l'ombre, portée par le mouvement, la musique, le silence, le souffle.

Il y a tout cela, dans "Solo" d'abord, où flottent sur un sol organique les traces de "Solo Stockhausen", spectacle pur, intime et généreux. Dans "À mains nues" ensuite, où la poésie se fait plus présente encore physiquement puisqu'y apparaît, dans son âge émouvant, le père de la chorégraphe, le poète Joseph Noiret. Ici la seule musique est celle du corps, du souffle, du papier, du murmure. D'une ampleur inversement proportionnelle à sa portée immédiate. Ici se mêlent la peur et la tendresse, au bord de l'abyme que suggère l'écran, porteur d'images décalées ou à rebours, l'écran caressé comme un talisman, puis crevé par curiosité ou avec rage, formant une brèche par où tout - mots, souffles, images - peut survenir.

C'est donc, outre un duo de films, une double chorégraphie que propose Thierry Knauff, qui lui-même sculpte le mouvement sous la lumière, dans un noir et blanc foisonnant de nuances et qui laisse parler la peau, l'étoffe, les axes du corps. Le tout s'offre aux sens du spectateur, à ses émotions propres, esthétiques, artistiques, voire intime.

Parmi les rares rendez-vous de la danse à l'écran, ceux-ci composent en outre un diptyque d'exception, ciselé avec la finesse et la générosité d'un vrai regard.

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