Quand Hollywood nettoie l’insurrection de toute substance politique…

Très attendue par des hordes d’ados fans de la saga littéraire de Veronica Roth, voici donc la suite de "Divergent", qui avait rapporté pas moins de 275 millions de dollars à travers le monde en 2014. Après s’être revoltés contre les "Érudits", la "divergente" Tris Prior et ses compagnons sont en fuite, recueillis chez les "Fraternels". Traqués par la machiavélique Jeanine, ils sont bien décidés à trouver des alliés dans leur lutte contre le pouvoir…

Ce qui frappe dans la saga "Divergent", et plus encore dans ce 2e volet que dans le précédent, c’est la facilité avec laquelle Hollywood parvient à ôter toute substance politique au concept de révolution ! L’utilisation du système de castes est à ce titre frappant. Sorte d’élue divine, l’héroïne ne remet pas en cause ces catégories sociales dans lesquelles est contingentée la société ; son problème est plutôt qu’elle pourrait appartenir à chacune d’entre elles… Le final vient encore appuyer ce refus du bouleversement de l’ordre établi. De quoi faire définitivement de "Divergent" une saga totalement inoffensive. À la différence de la saga concurrente "Hunger Games", qui aborde ces questions de démocratie et de justice de façon bien plus complexe.

À la réalisation, Robert Schwentke - qui signera la suite des aventures de Tris : "Allegiant : Part 1" en 2016 - reste dans les clous, efficaces, des superproductions ados du genre. Et si Shailene Woodley, toujours pimpante avec ses gilets ajustés et son absence de cernes (c’est pas trop crevant la révolution…), s’en sort pas mal, le reste du casting est totalement insipide. Même Kate Winslet ! 


Réalisation : Robert Schwentke. Scénario : B. Duffield, A. Goldsman&Mark Bomback. Avec Shailene Woodley, Miles Teller, Theo James, Kate Winslet, Naomi Watts… 1 h 59.