Ancien reporter de guerre, Antoine de Maximy a acquis la célébrité avec son émission J’irai dormir chez vous, lancée en 2005. Pour rappel, il y voyage seul s’invitant à dormir chez les gens qu’il croise, prétexte à découverte culturelle.

Le concept a été décliné en deux longs métrages, J’irai dormir à Hollywood (2008) et J’irai dormir à Bollywood (2011). Le virus du cinéma ne l’a pas quitté, puisque le routard-réalisateur s’essaie cette fois à l’autofiction avec J’irai mourir dans les Carpates.

Comme Antoine de Maximy le rappelle en ouverture, ses périples n’ont pas toujours été de tout repos ou sans risque. D’où cette question : "que ce serait-il passé si j’étais mort sur la route ?"

Pitch réflexif a priori intéressant et mis en scène, ici : lors d’un tournage en Roumanie, le réalisateur disparaît sans laisser de trace, sauf les cassettes de son début de voyage.

Peu convaincue des résultats de l’enquête, la monteuse d’Antoine (Alice Pol) s’acharne à trouver sur les images des indices de ce qui lui est arrivé, flanquée d’un stagiaire geek et maladroit (Léon Plazol) et d’un jeune flic romantique et malhabile (Max Boublil).

Produit avec un financement participatif, J’irai mourir dans les Carpates est un concept hybride, qui mêle le style documentaire de l’émission d’Antoine de Maximy avec une fiction classique mi-thriller, mi-comédie.

Consciemment ou non, le dispositif des séquences "documentaires" renvoie à la vogue déjà faisandée des found footages façon Blair Witch Project, auquel de Maximy emprunte l’ambiance fantastique : n’est-il pas dans les Carpates, terre fantasmatique de Dracula ?

Tentative peu convaincante de pimenter sa fiction, qui flirte avec les clichés (tenancière d’auberge frivole, farouches villageois roumains, fête de village arrosée, patibulaires en survet’ de sport…) et une résolution du mystère qui lorgne avec Sherlock Holmes.

La bonhomie de l’auteur et des comédiens force l’indulgence pour un film fondamentalement dénué de tout intérêt narratif ou cinématographique, qu’on serait tenté de le retitrer J’irai dormir au cinéma. La bonne télévision ne fait pas toujours du bon cinéma.

J’irai mourir dans les Carpates Found footage décalé D’ Antoine de Maximy Scénario Antoine de Maximy et Thomas Pujol Avec Antoine de Maximy, Alice Pol, Max Boublil,… Durée 1h36.

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