Cinéphiles, attention, warning ! Aucun rapport possible entre ce film et l’inoubliable chef-d’œuvre de Dalton Trumbo "Johnny Got His Gun", l’histoire de ce soldat de la Première Guerre mondiale hospitalisé, sans bras ni jambes, réduit à l’état d’un tronc.

Il s’agit plutôt ici d’un western Marlboro. Natalie Portman dans un magnifique manteau cintré, fermé par une ribambelle de petits boutons, porte le chapeau de cow-boy avec élégance. Elle s’en va chercher de l’aide car le gang Bishop rapplique, lui a dit son mari, juste avant de s’évanouir, avec ses huit balles dans le dos. Elle sollicite son ancien boyfriend, pas franchement enthousiaste mais toujours amoureux. Il rapplique dans sa chemise beige en gabardine pur coton. Excellente matière, solide et imperméable, mais dont le gros handicap saute aux yeux lorsque le jeune homme vigoureux dévoile son maillot de corps : ventilation zéro bonjour les auréoles.

Quant au méchant, Bishop, c’est Erwan McGregor. Du chapeau aux santiags, il est intégralement rhabillé dans la nouvelle collection, vraiment très chic. C’est bien observé, les malfrats pensent toujours se donner une respectabilité avec leurs vêtements hors de prix.

Justement, quand on additionne le budget costume + celui de la location des armes de collection (et leurs produits d’entretien, ça douille) + plus encore les trois maquilleurs, les deux habilleuses et la coiffeuse de Miss Dior + la location de la grue, péché mignon du réalisateur = un total qui ne permettait sans doute plus de se payer un scénariste.

Mais bon, un western ça n’a pas besoin de Shakespeare : c’est des bons et des méchants, des tagada tagada et des pan-pan. Et un petit coucher de soleil sur la Sierra.


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 Réalisation : Gavin O’Connor. Avec Natalie Portman, Joel Edgerton, Ewan McGregor… 1h38