L'arnaque
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Cinéma

L'arnaque

A.Lo.

Publié le - Mis à jour le

S’il y a de vrais martyrs avec "Martyrs", ce sont les spectateurs. Jeu de mots facile, mais ne nous en veuillez pas: nous nous mettons à l’aune des films qu’on nous propose.

Pascal Laugier rejoint son pote Gans et quelques autres réal’s français qui conçoivent leurs films comme des démos pour chasseurs de têtes hollywoodiens. Faut croire que son précédent "Saint-Ange" n’a pas suffi, parce qu’il truste ici trois styles différents - par les temps qui courent, faut brasser large pour surnager. Ça commence dans le ton du cinéma de terreur asiatique, tendance "The Grudge", avec une jeune femme hantée par un martyre subi dans son enfance, trauma qui revient sous la forme de fantôme putride. Ça bifurque ensuite vers "Funny Games", avec le massacre d’une famille bien sous tous rapports, et ça se termine dans les égouts d’"Hostel", avec jeune fille en cage et torturée.

Laugier s’inspire plutôt bien du premier, mais confond, à propos du deuxième, provocation avec réflexion, surenchérissant à partir de là dans le sanguinolent complaisant et putassier qui caractérise le troisième, avant de se prendre pour Kubrick dans l’avant-dernière scène. Suprême escroquerie morale, Laugier tente de justifier le tout avec la quête d’une secte mystique qu’on croirait sortie, elle, d’une dramatique de l’ORTF des années 70. Le distributeur belge, qu’on a connu plus inspiré, s’est laissé piéger par la posture du gogo (et le miniscandale lors de sa sortie française, où l’on a évoqué une tentative de censure). Evitez de faire de même.

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