Disney peut pousser un ouf de soulagement. Le dernier volet de la saga Skywalker est plutôt une réussite. J.J. Abrams a sauvé la franchise.

À chaque fois, la magie opère… Quand les lumières s’éteignent dans la salle, que retentissent les premières notes de la musique culte de John Williams et qu’apparaissent ces quelques mots bleutés : "Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…" suivis d’un logo reconnaissable entre tous et de lettres jaunes disparaissant sur un fond noir étoilé… Après la magie, on est malheureusement souvent ressorti déçu de la salle. Notamment des Épisodes I, II et III, qui composent la deuxième trilogie Star Wars, réalisée entre 1999 et 2005 par George Lucas. Eh bien, pas cette fois. L’Épisode IX : L’Ascension de Skywalker clôt en effet joliment la saga des Skywalker, initiée par Lucas en 1977. Même si on n’en a pas fini avec Star Wars pour autant ! Depuis son rachat de Lucasfilm en 2014, Disney a en effet "marvellisé" la franchise, en multipliant les films et autres séries dérivées…


En salles dès ce mercredi matin, L’Ascension de Skywalker reprend quelques mois après la fin de l’ Épisode VIII : Les derniers Jedi . Après la mort de Luke Skywalker, Rey (Daisy Ridley) continue son entraînement Jedi auprès de la princesse Leia (Carrie Fisher, ressuscitée d’entre les morts grâce à des scènes tournées pour les deux épisodes précédents. Ce qui donne droit à des dialogues pour le moins décalés…). Tandis que, lors d’une mission à bord du Faucon Millenium, Chewbacca, Finn (John Boyega) et Poe (Oscar Isaac) interceptent le message d’un espion infiltré au sein du Premier Ordre. Lequel les prévient du réveil de l’empereur Palpatine. Se terrant dans un coin de la Galaxie, l’infâme personnage propose une alliance au maléfique Kylo Ren (Adam Driver)…

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J. J. Abrams aux manettes

L’Ascension de Skywalker aurait dû être réalisé par Colin Trevorrow (Jurassic World ), qui a bossé deux ans sur le scénario. Le film a finalement été repris en mains en septembre 2017 par J. J. Abrams, qui avait réalisé deux ans plus tôt l’Épisode VII : Le retour de la force. Pas facile de repasser après Rian Johnson, dont l’ Épisode VIII a subi la fureur d’une partie des fans de la saga. Qui l’ont notamment accusé d’avoir saboté le développement des personnages, dont le très falot Kylo Ren, incapable de se défaire au sabre laser d’une apprentie Jedi, alors qu’il est censé être le nouveau Dark Vador, dont l’ombre continue décidément de planer.

En faisant à nouveau appel au petit génie d’Hollywood J. J. Abrams, Disney cherchait évidemment à se rassurer, après la bronca essuyée par l’Épisode VIII et le relatif échec commercial de Solo , deuxième spin-off raté de Star Wars après l’excellent Rogue One . Avec ce dernier volet des Skywalker, Disney joue donc gros. Malgré le succès de la série de Jon Favreau The Mandalorian , dévoilée sur sa plateforme de streaming Disney+, c’est l’avenir cinématographique de Star Wars qui est en jeu. Surtout après l’annonce du retrait des créateurs de Game of Thrones de l’une des trilogies annoncées

Abrams a bien retenu la leçon de son Épisode VII, qui avait un peu trop caressé les fans dans le sens du poil, en leur proposant un quasi-remake de l’Épisode IV originel, transformant le fameux "Luke, je suis ton père" en "Han, je suis ton fils". Quand on apprenait que le grand méchant Kylo Ren était en fait le fils de la princesse Leia et de Han Solo. Chargé de conclure la saga des Skywalker, L’Ascension de Skywalker ne peut évidemment faire l’impasse sur ces liens familiaux parfois tirés par les cheveux. Mais le film parvient à y intégrer la relation très particulière, faite d’attirance et de répulsion, qu’avait installée Rian Johnson entre Rey et Kylo Ren.

Grand divertissement

Si l’histoire globale tient la route, le film en met également plein la vue. Malgré l’absence de scènes aussi puissantes visuellement que l’attaque sur le désert rouge de l’Épisode VIII, J. J. Abrams nous offre néanmoins un vrai tour de montagnes russes, entre combats au sabre laser, batailles spatiales, courses-poursuites en tous genres, découverte de nouvelles planètes et de nouveaux peuples, etc. Tandis que les fans se régaleront en décelant tous les clins d’œil attendus aux deux premières trilogies, notamment à travers un défilé de nombreux personnages bien connus.

Bref, L’Ascension de Skywalker s’inscrit parfaitement dans la lignée des deux précédents volets, venant clore une trilogie réalisée par des fans, à la fois respectueux de leur aîné George Lucas, mais qui ont su prendre leurs distances pour adapter l’univers au public d’aujourd’hui sans le dénaturer pour autant.

Star Wars, épisode IX : L’Ascension de Skywalker De J. J. Abrams Scénario J.J. Abrams & Chris Terrio Photographie Daniel Mindel Musique John Williams Avec Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac, Mark Hamill… Durée 2 h 22.


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