Cinéma

C’est poétique comme une chanson de Frédéric François, savoureux comme une fricadelle, beau comme un calendrier de couchers de soleil. Les ficelles du scénario sont comme les poutres d’une fermette du pajottenland, apparentes. On n’imagine pas qu’on puisse encore, en 2017, écrire un scénario aussi convenu : pas une seule idée, rien que des clichés.

Il était une fois en 1927, un malheureux petit garçon d’une dizaine d’années qu’un directeur d’orphelinat confie à une femme car son nom apparaît dans le dossier. La dame est domestique à demeure chez un comte richissime et inconsolable depuis le décès de sa fille voici une dizaine d’années et neuf mois. La maman d’accueil met tellement de persuasion à convaincre le gamin de ne jamais dire son vrai nom que chacun a déjà compris le grand secret qu’on va mettre deux heures à nous dévoiler. Entre-temps, le petit Parisien aura fait son éducation dans le bois avec Totoche le braconnier, un peu revêche au début, mais tellement authentique et un cœur d’or avec cela. Ah, la première fois que le petit Paul - il est trop mignon avec ses grands yeux verts - met le pied dans la forêt, il voit des sangliers, un cerf et sa biche et quelques renards. C’est Pairi Daiza.

Récit tissé de fil blanc, personnages à une dimension, jeu compassé des acteurs - on suppose que Cluzet et Elmosnino avaient des envies de grand air -, partition lourdement violonneuse, photographie touristique : Nicolas Vannier livre un magistral exercice de style Herta - jambon et saucisses - dans ce "Martine orpheline" en version masculine.


© IPM
Réalisation : Nicolas Vanier. Scénario (?) : Nicolas Vannier, Jérôme Tonnerre. Avec François Cluzet, Jean Scandel, Eric Elmosnino, Valérie Karsenti… 1h56.