Cinéma

Le Dr Zarkyne est un grand pro, le genre rassurant car il connaît sa spécialité, la pneumologie et son travail lui tient à cœur. Trop sans doute, voilà deux ans qu’il n’a pas pris de vacances et qu’il transite par son appartement, juste pour dormir. De toute façon, personne ne l’attend.

Mais lorsque sa mère est de retour dans le service d’oncologie de son hôpital, il a de plus en plus de mal à contenir la pression. Celle du père qui le considère comme Doctorman qui va sauver sa femme. Celle de sa sœur qui le trouve trop peu présent. Celle de sa mère qui refuse une nouvelle opération.

Comme Delphine Gleize dans La Permission de minuit où Vincent Lindon incarnait un dermatologue spécialiste des enfants allergiques à la lumière, David Roux s’attache à cette difficulté pour certains médecins de mettre une distance entre leur vie et leur travail. Et comment faire lorsqu’il s’agit de sa propre maman ?

On voit bien les intentions mais pas du tout l’éclairage que le film entend apporter sur la question. A moins qu’il s’agisse de montrer que la souffrance d’un fils médecin est supérieure à celle des autres membres de la famille car à la peine s’ajoutent l’impuissance et la culpabilité. En fait, le réalisateur souffre du même mal que son héros, il ne parvient pas à mettre une distance artistique par rapport à sa vie personnelle. S’inspirant de son frère médecin et de sa mère, son scénario est trop personnel et comme sa mise en scène est dénuée de style, L’ordre des médecins est juste banal. Jérémie Renier, présent dans tous les plans, rame avec conviction dans un ensemble de personnages utiles et sans épaisseur.

L’ordre des médecins Drame De David Roux Scénario David Roux, Julie Peyr. Avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanroh. Durée 1h33.

© IPM