Gina (Léonie Souchaud), 15 ans, vénère son père Jimmy (Alban Lenoir). Ancien garde-forestier, il a malheureusement été récemment licencié pour d’obscures raisons. Ce qui n’empêche pas ce papa fantasque de continuer d’emmener ses trois enfants se promener avec lui en forêt. Et voler un peu de bois de chauffage au passage…

Alors que le comportement de Jimmy devient de plus en plus erratique, jusqu’à provoquer un scandale au supermarché, sa femme Carole (Ludivine Sagnier), femme de ménage travaillant désormais seule, est contrainte d’accepter la proposition des médecins de faire interner son mari en hôpital psychiatrique. Décision à laquelle ne peut se résoudre Gina, qui va tout faire pour tenter de libérer son père.

Drame autobiographique

Après avoir bossé sur différents films pour Alain Resnais, Noémie Lvovsky, Olivier Assayas, Claire Denis ou Leos Carax et après avoir signé plusieurs courts métrages (dont le très beau Les Biches en 2012), Vero Cratzborn accouche d’un premier long métrage très personnel. Comme sa jeune héroïne, la cinéaste a grandi dans une petite cité en lisière de forêt dans l’est de la Belgique, tandis que le thème de la folie la travaille depuis longtemps. Elle a en effet travaillé durant deux ans auprès de soignants et de patients dans divers centres psychiatriques pour réaliser plusieurs courts métrages. Ce drame familial qu’elle retrace dans La Folie de mon père, c’est en fait le sien, celui qu’elle a vécu aux côtés d’un père libre et fantasque, aux yeux de ses enfants, mais en réalité touché par la maladie mentale.

Autobiographique, le sujet est douloureux et sans doute la jeune cinéaste manque-t-elle de distance par rapport à celui-ci. Maladroit, son scénario se fait souvent clichetonnant, tandis qu’elle ne parvient pas réellement à faire vivre à l’écran ses personnages. Malgré le vécu, tout cela sonne paradoxalement un peu faux. À l’image des acteurs, pas très justes tant leurs personnages semblent se résumer à des coquilles vides. Dommage car le thème, celui d’une adolescente forcée de renoncer à son regard d’enfant sur son père pour accepter la réalité de sa maladie, était magnifique.

La forêt de mon père Drame autobiographique Scénario & réalisation: Vero Cratzborn. Musique: Daniel Bleikolm. Avec Ludivine Sagnier, Alban Lenoir, Léonie Souchaud, Mathis Bour, Yoann Blanc… Durée 1h30.