Les cinémas américain et chinois mettent en commun ce qu’ils ont de pire.

Envie d’une page d’histoire ? Celle de la grande muraille de Chine ? Passez votre chemin - 9000 km tout de même - si vous comptiez sur le ciné. C’est que "The Great Wall" est aussi source de légendes.

Il était donc une fois une poignée d’Occidentaux partis vers l’Est à la recherche de la mystérieuse poudre noire, un peu comme d’autres sont partis vers l’ouest à la recherche d’une poudre dorée. Dans un désert - qui n’est pas sans évoquer celui de Monument Valley, ils sont poursuivis par une horde de cavaliers quand, soudain, ils font face à un gigantesque mur. Fin du western, enfin du eastern plutôt et place au film de château fort. Sur les remparts, toute une armée est sur pied de guerre. Elle attend l’assaut des Taopeis. Un seigneur de guerre local ? Non, un gigantesque troupeau d’une espèce de velociraptor, en plus charnu avec mâchoire géante. Ces bestioles sont apparues voici quelques milliers d’années pour dénoncer l’avarice des Chinois. Tous les 60 ans, elles se chargent de le rappeler en passant à l’attaque. Des braves bêtes, dans le fond. C’est parti pour deux heures de fight.

"La grande muraille" est un film paradoxal. Il est écrit avec les plus vieilles ficelles scénaristiques, tellement usées, qu’on n’imaginait pas qu’elles puissent encore servir. Mais l’image est du dernier cri virtuel, à commencer par les Taopeis, dupliqués à l’infini. Plus surprenant, la grande muraille aussi est totalement numérisée. Cela permet de développer des armes secrètes. Par exemple, la muraille se sépare en deux, horizontalement et dans la fente, tournent des hélices aux pales bien aiguisées qui sectionnent les assaillants. Il y a ainsi tout un catalogue d’armes tout au long du film, enfin, du joint venture avec le beau Matt Damon d’un côté et la jolie Jing Tian en général, de l’autre.

Cette boursouflure dégoulinante d’effets spéciaux hideux, de costumes ridicules, de décors grotesques, de personnages demeurés, cette réalisation de Zhang Yimou (celui des "Lanternes rouges", non ce n’est pas possible) se caractérise par sa laideur. Tout sonne faux, sauf pour les fans d "Assassin’s Creed" qui trouveront là un terrain historique familier.


© IPM
Réalisation : Zhang Yimou. Scénaristes cachetonneurs : Edward Zwick, Marshall Herskovitz, Tony Gilroy, Max Brooks, Carlo Bernard, Doug Miro. Avec Matt Damon, Jing Tian, Willem Dafoe… 1h 43