Visage bien connu du cinéma français des années 70 et 80, qu’elle a marqué par son regard profond et son grand sourire, Caroline Cellier est morte ce mardi à l’âge de 75 ans des suites d’une longue maladie, a fait savoir son entourage mercredi. Récompensée d’un César du meilleur second rôle en 1985 pour L’Année des méduses de Christopher Frank, où elle jouait aux côtés de Bernard Giraudeau et Valérie Kaprisky, la comédienne restera dans la mémoire pour ses seconds rôles au cinéma, mais aussi à la télévision et au théâtre.

Née à Montpellier en 1945, d’un père garagiste, Caroline Cellier, passionnée par le théâtre depuis l’enfance, entre dès 1963 au Cours Simon et apparaît la même année dans Le Ciel de lit de Jan De Hartog et décroche, en 1965, le Grand Prix Gérard-Philipe de la Ville de Paris. Restée fidèle à sa passion du théâtre, elle était nommée au Molière de la meilleure comédienne en 1992 pour son interprétation dans Un tramway nommé désir de Tennessee Williams, l’un de ses derniers grands rôles sur les planches.

Une présence magnétique

Mais c’est au cinéma qu’elle se fait un nom auprès du grand public. Débutant au grand écran dans La Tête du client de Jacques Poitrenaud en 1965, elle est récompensée deux ans plus tard du Prix Suzanne-Bianchetti, qui salue une jeune actrice prometteuse. Son talent, sa présence magnétique et sa beauté inspirent alors les plus grands réalisateurs français. Claude Lelouch la fait tourner dans La Vie, l’Amour, la Mort (1968), Mariage (1974) et Hommes, femmes, mode d’emploi (1998) ; Claude Chabrol dans Que la bête meure (1969) et Poulet au vinaigre (1984) ; Henri Verneuil face à Patrick Dewaere dans Mille milliards de dollars (1982) ; et Édouard Molinaro face à Jacques Brel et Lino Ventura dans L’Emmerdeur en 1973.

Caroline Cellier était en effet aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie. Pas étonnant puisque l’actrice a été mariée à Jean Poiret de 1965, jusqu’à la mort du cinéaste en 1992. Celui-ci ne l’avait pourtant filmée qu’à une seule reprise, aux côtés de Thierry Lhermitte dans Le Zèbre en 1992.

L’appétit des choses

Très présente à l’écran dans les années 1990 - on l’a vue notamment dans Farinelli du Belge Gérard Corbiau ou dans Didier d’Alain Chabat -, Caroline Cellier s’était ensuite faite plus discrète. Elle était néanmoins à l’affiche du très populaire Jean-Philippe de Laurent Tuel, avec Johnny Hallyday en 2005. Avant d’apparaître une dernière fois au grand écran dans Thelma, Louise et Chantal, premier film de Benoît Pétré en 2010.

À cette époque, elle affirmait au Figaro : "Je suis plein de femmes à la fois. Mes rôles me font avancer aussi bien dans mon métier que dans ce que je suis… […] On peut avoir peur de la maladie, d’être handicapé mais on ne peut avoir peur de la mort. Depuis que je suis toute petite, je me dis qu’on va mourir demain. J’ai toujours eu cette lucidité. Alors, profitons, avançons… Il faut avoir l’appétit des choses."