Kate Winslett et Idriss Elba perdus en milieu hostile et dans un scénario excessif.

En rade dans un aéroport suite à l’annulation de leur vol pour cause d’avis de tempête, Alex (Kate Winslett) et Ben (Idriss Elba) affrêtent un avion privé. C’est qu’ils ont tout deux une bonne raison de rallier Denver au plus vite : elle doit se marier et lui doit mener une importante opération chirurgicale.

Mal leur en prend : le pilote engagé fait un AVC et leur petit bimoteur s’écrase au beau milieu d’une chaîne montagneuse. Ben soigne Kate, gravement blessée à la jambe, mais leur survie ne semble être qu’un sursis. Ils n’avaient pas de plan de vol, personne ne saura donc où les chercher. Leurs vivres sont limités à quelques snacks et leur équipement des plus réduits dans cet environnement hostile.

Confidence de critique de cinéma : les films qu’on présente à la presse moins de quarante-huit heures avant leur sortie sont soit des blockbusters dont on tente de protéger le secret jusqu’au dernier moment, soit des plantages un peu honteux (et, parfois, les deux). "La montagne entre nous" appartient à la seconde catégorie.

Hany Abu-Assad, repéré naguère avec "Paradise Now" (2005) adapte un roman de Charles Martin. Sacré changement de registre pour le réalisateur palestinien natif de Nazareth, que cette production américaine qui tient dans ces premiers deux tiers du "survival".

Le motif du crash en montagne n’est pas neuf. Romans et cinéma en ont quelques exemples - parfois inspirés d’histoires vraies - en catalogue. Sur le registre, "La montagne entre nous" n’apporte guère de variation, même si Abu-Assad réussit dans un premier temps à tenir en haleine.

Totalement inconnus l’un à l’autre, Ben et Alex doivent s’épauler pour survivre. Il est rationnel - à l’excès. Elle est instinctive - avec aussi peu de retenue. Cette dynamique peut offrir a priori un bon thriller.

Mais l’histoire dérive progressivement vers les conséquences de l’intimité forcée des deux protagonistes. Plus le film avance, plus le récit accumule les invraisemblances et s’empêtre dans ce développement peu crédible parce que traité superficiellement. Idriss Elba et Kate Winslett ont beau faire, on n’y croit pas.


© IPM
Réalisation : Hany Abu-Assad. Avec Kate Winslett, Idriss Elba,… 1 h 52.