Cinéma

S’il ne se passe pas un jour sans que les journaux évoquent le drame israélo-palestinien, les artistes de Palestine sont totalement isolés, sans formation, sans visa de sortie, sans pouvoir montrer leur travail.

Le KVS, à Bruxelles, a organisé de nombreux workshops sur place avec eux, accompagnés de noms aussi connus qu’Alain Platel.

Ces artistes palestiniens ont pu montrer à Bruxelles une créativité insoupçonnée comme dans la chorégraphie "Badke" ou la pièce "Keffiyeh Made in China". Poursuivant dans cette voie, le KVS, avec Hildegard Devuyst, propose neuf jours de festival Eye on Palestine (en collaboration avec le Marni et le centre culturel Jacques Franck). De quoi réfléchir et voir autrement cette région plongée dans le drame.

L’affaire des dix-huit vaches

On peut pointer quelques éléments comme la venue de deux pièces qui montrent un univers bien différent de ce qu’on croit (où par exemple on n’évoque pas le Mur, omniprésent dans nos représentations à nous). Le 30 mars au KVS, on découvrira le film surtitré en français d’Amer Shomali qui raconte un fait de la première Intifada, quand les Israéliens sont venus saisir dix-huit vaches palestiniennes, estimant qu’elles étaient un danger. Le film cultive l’absurde de la situation et mélange documentaire et point de vue des vaches.

Le même soir, Remah Jabr créera un spectacle monté en Belgique dont on dit le plus grand bien. Le 4 avril, le Khashabi Ensemble présentera une performance déjà ancienne mais qui préfigurait parfaitement le drame de la Syrie.

Vidéo hilarante, spectacle débat, lecture…

Au Jacques Franck, on montre la vidéo hilarante de Leila Sansour imaginant que l’Etat palestinien en est réduit à n’être plus qu’une tour sans fin où les Palestiniens seront confinés.

Le 2 avril, le professeur François Dubuisson donnera une lecture en français sur la représentation du conflit au cinéma.

Les metteurs en scène Raven Ruëll et Jacques Delcuvellerie ont préparé un spectacle-débat de 90 minutes sur "La neutralité n’est pas possible" qui part du racisme peut-être à la base du drame palestinien. Ils ont travaillé à la manière de Delcuvellerie pour "Rwanda 94".

"Il s’agit par ce festival de sortir chacun de l’image que l’on se fait de l’Autre, et de la représentation de leurs problèmes."

Le KVS a beaucoup travaillé avec le Congo et les Congolais. Il l’a fait aussi avec la Palestine, car il a remarqué que de nombreux Bruxellois d’origine arabe sont focalisés sur ce qui se passe en Palestine et y mettre une voix, une présence artistique, c’est toujours ouvrir le débat.

Eye on Palestine, du 28 mars au 5 avril à Bruxelles, au KVS, au Marni et au CCJF. Rens. : 02.210.11.12, www.kvs.be