Cinéma

A l’origine, le Jonas de Joachim Lafosse devait s’appeler Thierry. Pour trouver leur acteur, le réalisateur et ses producteurs ont tout simplement passé une annonce en fonction du profil du personnage : "Cherche adolescent de 16 ans, sachant jouer au tennis, pour premier rôle dans film belge." Sans aucune expérience, Jonas Bloquet s’est présenté. "Parce que c’était un film. Pour l’expérience." Il ne connaissait rien du cinéma de Joachim Lafosse. Ecarté une première fois, parce que d’un an trop jeune par rapport au rôle, ce jeune Bruxellois est finalement retenu pour un deuxième casting. "J’ai reçu le scénario très vite pour faire des essais sur quelques scènes."

Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario ?

Le scénario est très fort. Je me suis rendu compte qu’il y avait des scènes qui ne seraient pas faciles à tourner. Mais une telle expérience est une opportunité rare. Je n’ai donc pas hésité. J’ai dit à mes parents que je souhaitais absolument tourner dans ce film. Mes parents étaient un peu réservés par rapport au scénario. Mais nous en avons parlé tous ensemble avec Joachim qui a bien insisté sur l’approche qui était la sienne. Ce qui les a rassurés.

Comment vous êtes-vous préparé ?

Nous avons fait des répétitions pendant deux semaines avant le tournage. On a passé en revue tout le scénario avec Yannick, Claire et Jonathan. Joachim m’expliquait comment jouer chaque scène, quel ton avoir. On a parlé du contenu, de l’enjeu des scènes, et Joachim nous a expliqué comment il comptait les tourner. Pour les scènes de sexualité, il a été tout de suite très rassurant. Avec Hichame, le cameraman, il a mis en place un dispositif qui évitait tout aspect gênant. Ce n’était pas trop dur, finalement.

Comment se passait le travail avec les comédiens professionnels ?

Yannick et Claire ont finalement été peu sur le tournage. Ils ont dû venir dix jours sur, peut-être, deux mois de travail. On a beaucoup rigolé, ce qui permettait de supprimer la tension de certaines scènes. Jonathan, avec qui j’ai eu beaucoup plus de scènes, m’a aidé sur plusieurs scènes. Nous avons beaucoup discuté. On s’est bien entendu. Ce qui m’a beaucoup aidé sur les scènes plus "difficiles".

Joachim fait-il beaucoup de prises ?

Oui. Certains jours, on prenait toute une journée pour tourner une scène. La mise en place était plus longue. Joachim travaille beaucoup avec des plans-séquences. Il faut beaucoup répéter, et si quelqu’un fait la moindre erreur, il faut recommencer tout le plan.

Que retenez-vous de cette expérience ?

C’était incroyable. J’ai envie de continuer. L’équipe était très chouette. Il y avait beaucoup de rythme dans le travail. Il y avait une bonne ambiance. Je me dis que j’ai peut-être eu de la chance de vivre une première expérience au sein d’une telle équipe. Ce n’est peut-être pas toujours aussi agréable. Et puis, j’ai eu la chance d’aller à Cannes. C’était une expérience folle.

Avez-vous déjà d'autres projets ?

J’ai passé des castings, mais je n’ai pas encore de projets concrets. Je suis en cinquième secondaire, il me reste un an et demi d’études. Mon père souhaite que j’aille jusqu’au bout. Ce qui limite dans l’immédiat ma disponibilité, puisque je ne peut tourner que pendant les vacances scolaires. J’attends une réponse pour un film de Marion Hänsel.

Cela a-t-il changé votre rapport au cinéma comme spectateur ?

Oui. Je me rends compte que je regarde les films différemment. Je regarde les plans, je fais attention aux dialogues Joachim m’a beaucoup appris.

A.Lo.

Lire notre entretien avec Claire Bodson et Yannick Renier dans le quotidien.