En 1987 en Alabama, il faut toute la volonté d’un avocat, pour convaincre un innocent qu’il peut le sortir du couloir de la mort.

Le 26 novembre 2019 à Baltimore aux États-Unis, Alfred Chestnut, Andrew Stewart et Ransom Watkins sont sortis vivants de prison après y avoir passé 36 ans, victimes d’une erreur judiciaire. Inutile de préciser qu’ils sont noirs.

En 1987, Jimmie D. est incarcéré dans une cellule du couloir de la mort d’une prison d’Alabama pour le meurtre d’une jeune Blanche.

Il attend de connaître la date de son dernier jour quand l’appelle au parloir un tout jeune avocat noir. Fraîchement sorti de Harvard, celui-ci est déterminé à mettre ses connaissances au service de ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre. La première surprise pour Me Stevenson, c’est qu’il va devoir batailler pour convaincre le condamné d’accepter qu’on rouvre son dossier. Pour Jimmie D, la couleur de sa peau a fait de lui un coupable, peu importe les faits. Ne dit-on pas blanchir quelqu’un ? Ou le noircir ! Stevenson sait plaider sa cause, ce qui fait une entrée en matière originale. Malheureusement de courte durée.

En effet, le film va rapidement se mettre sur les rails attendus où se succèdent faux témoignages et coups de théâtre, fol espoir et terrible désillusion, subordination de témoins et objection votre honneur ! La progression dramatique enseignée dans les écoles de scénario est scrupuleusement respectée et interprétée par des comédiens rigoureusement typecastés.

La vie de Bryan

Toutefois, dans ce genre de démonstration laborieuse mais édifiante, le salut peut heureusement venir des acteurs qui injectent de la vie, de l’émotion, de la rage, du désespoir, et parviennent quand même à faire vibrer un récit programmé et une mise en scène plan-plan. En voyant Michael B. Jordan à l’œuvre dans le rôle du jeune avocat Stevenson ; on ne peut s’empêcher d’imaginer Denzel Washington à sa place. Sans doute aurait-il enflammé l’écran, là ou Michael B. Jordan a tendance à le rétrécir aux dimensions d’une télé, d’un honnête téléfilm.

Mais ou est passé Destin Daniel Cretton qui nous avait tellement bluffé dans States of Grace par sa capacité à introduire, de la subtilité, de la légèreté dans un drame traitant de l’automutilation.

Les 3 de Baltimore sont malheureusement là pour rappeler que le combat continue, que le cancer du racisme continue de ronger l’Amérique, qu’un film comme Just Mercy est indispensable, que la première affaire de Bryan Stevenson - qui consacra toute sa vie à cette cause - méritait bien un film. Quel dommage qu’il soit aussi terne, mécanique, essoufflé.

La voie de la justice / Just Mercy Drame authentique De Destin Daniel Cretton Scénario Andrew Lanham et Destin Daniel Cretton d’après l’œuvre de Bryan Stevenson Avec Michael B. Jordan, Brie Larson, Jamie Foxx, Tim Blake Nelson Durée 2h 17.

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