Carpe Diem. Quiconque a vu ce film de Peter Weir se souvient de l'expression latine et de ce professeur original qui éveillait des ados à la poésie plutôt que de leur bourrer le crâne. Ce fut en 1990 un phénomène de société et, si le film garde une force intacte, c'est qu'au-delà de la pédagogie il touche cette dynamique qui jaillit du conflit entre liberté et autorité, individu et masse, subversion et conformisme. C'est l'histoire du prof que chacun a rêvé de rencontrer, dont la passion fait entrer dans une autre dimension, permet de voir les choses d'un autre point de vue, comme debout sur le bureau, par exemple. Douze ans plus tard, les acteurs se souviennent. À l'évidence, Peter Weir fut leur John Keating. L'homme a changé leur carrière, mais surtout leur vie, en les écoutant. En bonus, les témoignages multiplient les anecdotes sur un tournage que Weir a bousculé pour tenir compte des suggestions des uns

et des autres. Hawke et Leonard racontent que, mécontent de la scène du cadeau, Peter leur demanda de trouver une idée. Ils imaginèrent l'envol du matériel de bureau et ce fut tourné dès le lendemain. Ils ne s'en sont toujours pas remis. `Good Morning Vietnam´ et `Dead Poets Society´ donnent la mesure de l'amplitude de l'art de Robin Williams. (F.Ds.) (Buena Vista)

© La Libre Belgique 2002