Immergé au large des côtes syriennes sous les ordres du commandant Grandchamp (Reda Kateb) et de son second (Omar Sy), le sous-marin français Nautile est chargé de récupérer un groupe de soldats-nageurs en mission secrète à terre. Repéré par un sous-marin fantôme, le Nautile est ensuite pris pour cible par un hélicoptère syrien, que le commandant français prend la décision d’abattre. De retour au sol, la tension a encore grimpé d’un cran. La Russie menace en effet l’intégrité territoriale de la Finlande…

Jeune opérateur sonore surdoué surnommé Oreille d’or, à l’écoute du moindre son suspect dans la mer, Chanteraide (François Civil) est bien décidé à identifier le mystérieux sous-marin qui les a menacés. Fouillant les archives papier, il retrouve la "trace" qu’il traquait : celle d’un sous-marin soviétique déclassé. Sur ordre de l’amiral Alfost (Mathieu Kassovitz), le jeune militaire, qui vient de rencontrer une jeune libraire allemande (Paula Beere) est sommé d’embarquer à bord de l’Effroyable, sous-marin nucléaire lanceur d’engins, chargé de pouvoir riposter, en moins d’une heure, à une éventuelle attaque nucléaire russe…


De la diplomatie à la marine

Voilà un film qui sort de l’ordinaire dans la production française. Antonin Baudry signe en effet un vrai film de guerre, carrément flippant dans ses enjeux géopolitiques. Le chant du loup (du nom d’une trace sonore laissée par une torpille dans l’eau) se sort en effet plutôt pas mal de ce difficile exercice, grâce à la qualité de ses recherches.

Car si l’ancien diplomate français réalise ici son premier film, il n’en est pas pour autant novice au cinéma. En 2013, il avait en effet déjà signé le scénario de Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier. Après la diplomatie, Baudry s’est donc plongé au cœur du fonctionnement de la marine française et pas n’importe laquelle, celle des sous-mariniers. Celle qui est chargée de mettre en œuvre la politique de dissuasion nucléaire française.

Les règles d’engagement

Très précis dans sa description des gestes techniques et des équipements à bord du navire, Beaudry l’est aussi et surtout dans sa façon de mettre en scène la réplique de la France en cas d’une possible attaque nucléaire. Et c’est là justement, au sein de ces règles d’engagement très strictes, qu’il inscrit son thriller. Un thriller absolument glaçant au vu des conséquences cataclysmiques si un tel tir de fusée nucléaire était lancé…

Dommage que le cinéaste s’égare par moments dans l’évocation d’un héroïsme à la française très appuyé, tirant un peu trop du côté d’Hollywood. S’il était resté plus froidement réaliste, son film n’en aurait sans doute été que plus fort. Le chant du loup n’en reste pas moins beaucoup plus intéressant que le pathétique Hunter Killer (film de propagande pour la marine américaine sorti il y a quelques semaines) et plus réussi, dans ses scènes sous-marines et ses enjeux, que le Kursk de Thomas Vinterberg.

Le chant du loup Film de guerre sous-marin De Antonin Baudry Scénario Antonin Baudry Avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassowitz, Paula Beer… Durée 1h55.

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