Le décès de Jean-Pierre Bacri a soulevé une vague de réactions. L'acteur "haut en colères" comme le titre magnifiquement Libération avait su redonner ses lettres de noblesses au râleur, tout en faisant preuve d'énormément de drôlerie, de gentillesse et de simplicité dès qu'il en quittait le costume.Dans Le Monde de ce week-end, Agnès Jaoui disait tout le bien qu'elle pensait de son complice d'écriture: " Voilà quelqu'un qui exprimait ce que je ressentais sans même me l'être formulé ; qui avait des réflexions qui me percutaient, me soulageaient, témoignaient de valeurs communes, d'un rapport au bien et au mal que je partageais, avec une conviction qui m'émerveillait car elle était si singulière !"

Les réactions à l'annonce de son départ ont immédiatement afflué. En si grand nombre, c'est rare. Un peu comme lors du décès de Robin Williams. Ce qui en dit long sur la place qu'il occupait dans le cinéma français et dans nos cœurs.

Jean-Paul Rouve, qui lui donnait la réplique dans Le sens de la fête: "A la fin d'une prise tout le monde t'avait applaudi...Je suis tellement triste, mais tellement..." Puis, sur BFMTV: "C'est parfait, Jean-Pierre. C'est parfait dans le rythme, c'est parfait dans la façon de jouer. Tout est parfait. Il est au dessus. Quand vous êtes acteur, vous admirez ça. Pour moi, c'est le panthéon des acteurs, c'est au-dessus de tout. C'est comme un musicien qui a l'oreille absolue, il avait la justesse absolue du jeu."

Nathalie Baye: "Le génial, le merveilleux Jean-Pierre Bacri nous a quittés. Chagrin énorme."

Alexandra Lamy: "Une Immense tristesse ! Un immense acteur : Fais chier !"

"Quelle chance de t'avoir connu"

Olivier Nakache et Eric Toledano: "Notre tristesse est immense, quelle chance, Jean-Pierre, de t'avoir connu."

Pierre Niney: "Jean-Pierre Bacri... idole. Cette scène dans le

très grand film Le goût des autres me bouleverse depuis toujours... Jean Pierre Bacri est un des acteurs que j’admire le plus profondément. Son humour et son humanité resteront inimitables."


Elie Semoun: "Oh non, pas toi aussi. Tu as été un des premiers à venir nous voir jouer. Nous sommes devenus complices depuis. La mort n'a vraiment aucun goût."

Jean-Michel Ribes: "La chose la plus merveilleuse, c'est qu'on avait des fous rires ensemble. De lui, il me reste nos fous rires. Quand on a un fou rire avec quelqu'un, c'est le connaître mieux que personne. C'était quelqu'un, en vérité, d'extrêmement drôle mais c'était l'envers d'un ricaneur.

Nicolas Bedos: "Sa franchise, son exigence, ses agacements, ses dialogues, son Agnès... Encore un artiste libre qui se fait la malle... Le faire sourire fut une grande fierté..."

Zabou Breitman: "Je suis très triste. Juste après Brasseur, c'est pas possible ! C'était un acteur prodigieux, à part. Ce n'est pas lui qui rentrait dans la peau du personnage, mais les personnages qui rentraient dans la sienne… Pour moi, même s'il n'était pas de la même génération, il évoque Victor Lanoux, les Brasseur, les Ventura, ces comédiens qui sont dans l'ultra proximité, le cinéma français qu'on aime tant. Il avait rarement envie de sourire pour la photo, mais il était extrêmement drôle."

Philippe Muyl : "C'était quelqu'un de beaucoup plus complexe qu'il ne paraissait. Il y avait chez lui une tendresse, une bienveillance, un côté enfant blessé qui cache son aspect le plus fragile, même s'il regardait la vie avec une sorte de lucidité un peu cruelle. L'acteur, avec sa gouaille, son phrasé, sa gestuelle, était précis, surprenant, touchant."

Gilles Lellouche: "Immense, immense tristesse."

"Quelqu'un d'atypique"

Dominique Farrugia: "Tant de souvenirs, de rires, de dîners et de silence maintenant. Je suis bouleversé."

Gilles Jacob: "Bacri n’était pas méprisant mais il était exaspéré par la bêtise humaine. Et, n’ayant pas sa langue dans sa poche, il le montrait. Il n’avait pas de temps à perdre avec ceux que Buñuel - un solitaire lui aussi - définissait ainsi : Un crétin, un autre crétin... Ce qui est extraordinaire chez Bacri c à quel point le timbre de voix correspond à ses états d’âme. Voix catégorique et hésitante, tranchante et bègue, caressante et chantante. Elle laisse derrière une traînée de regrets et de dépits amoureux. Rocailleuse et douce comme lui"

Michèle Laroque: "Exceptionnel Jean-Pierre Bacri. Il sera à jamais dans mon cœur. J’ai du mal à imaginer le cinéma sans lui. Pensées pour ses proches".


Pierre Arditi au Parisien: "C'était quelqu'un d'absolument atypique dans le métier. C'est pas juste un ronchon, un râleur. C'est quelqu'un qui regarde le monde, sous les jupes du monde, et qui râle quand ça ne lui convient pas. Mais avec une tendresse qui tourne par en dessous. C'est quelqu'un de totalement intransigeant, avec un combat humain auquel il s'est toujours tenu. Une sorte de modèle bien sûr, talentueux au-delà de ce qu'on peut imaginer. Il n'a jamais contredit ce en quoi il croyait, l'exact contraire d'un people. Il avait une rage en lui, pas de haine. Des tas de gens se retrouvaient dans ce râleur impénitent, qui n'était pas seulement un râleur, mais un rêveur, un idéaliste."

Pascal Bonitzer: "Il avait un esprit très personnel, beaucoup d'humour et aussi une grande sensibilité et une grande bonté. Il avait beaucoup de talent comme acteur, mais c'était aussi un auteur, avec Agnès Jaoui, absolument remarquable. Sa disparition est une perte inestimable pour le cinéma français : il y a très peu de gens d'une aussi grande valeur morale dans cette profession. Au-delà de son talent, j'appréciais sa compagnie : il aimait rire, il aimait la vie, il aimait le vin, il aimait manger… Son côté bourru était un masque, qui cachait une profonde humanité. Il avait une très grande attention aux autres : sur un plateau, il ne supportait pas qu'on traite mal les gens considérés par certains comme de peu d'importance. C'était quelqu'un de bien."

Christian Clavier: "Grande tristesse pour la disparition de Jean-Pierre Bacri, qui nous a quitté bien trop tôt. Un formidable acteur avec qui j’ai tourné Mes meilleurs copains dans lequel il avait interprété son rôle avec brio. Il était un homme d’une grande culture et d’une grande intelligence."

Marko, lui, s'est exprimé via une caricature publiée sur Twitter: https://pbs.twimg.com/media/EsBsoaWXUAEffoL?format=jpg&name=900x900