Voici une dizaine d’années, Marc Esposito revendait ses parts dans Studio Magazine et passait derrière la caméra pour tourner "Le cœur des hommes". Il y entremêlait les destins de quatre copains aux profils bien distincts tout en mettant en scène son propre parcours sur le ton d’une comédie truffée de petites phrases. Si on était loin de Sautet ou Scola, il y avait du plaisir à voir évoluer ce quatuor de gamins attardés : Darmon, Darroussin, Campan et Lavoine.

Le succès de ce premier long métrage sympa mais simpliste et l’échec de ses autres réalisations ont conduit Marc Esposito à proposer un deuxième service. C’est parfois meilleur réchauffé, dit-on; pas cette fois, à cause de ce mauvais goût de vaudeville ringard aux poncifs. Quant au quatuor, il était désaccordé avec un Darmon complètement faux tellement il se la pétait. Embêtant, c’est lui qui faisait Esposito.

On ne pensait plus les revoir, mais coucou les revoilou. Esposito n’a toujours rien de neuf à raconter, ni un point de vue à faire valoir ni une idée de mise en scène à exposer; mais ça lui fait plaisir de repasser les plats encore une fois. On ne peut même plus réchauffer, c’est tout pourri.

Avec ce qu’il lui restait de lucidité, Esposito a éliminé Darmon, remplacé par Eric Elmosnino. Voilà un acteur épatant qui devrait changer d’agent, depuis "Gainsbourg" et "Skylab", il ne lui propose que de la daube. "Le cœur hommes 3", c’est en fait "Pontage", une sitcom qui mélange "Loft chez les bourges" et "Les feux de l’amour"; une nazerie gênante, car les acteurs n’arrivent plus à donner de la chair à leur personnage navrant, homme et femme. Esposito devrait laisser la caméra aux autres et retourner en salles voir à quoi ressemble un vrai film.


Réalisation : Marc Esposito. Avec Bernard Campan, Jean-Pierre Darroussin, Eric Elmosnino, Marc Lavoine… 1h54.