Plus c’est gros, plus ça passe, disait Orson Welles qui, volontairement, s’amusait à introduire un faux raccord dans ses films pour se jouer du spectateur.

Virginie Efira est dans les problèmes jusqu’au cou. Elle n’en sort pas. Ses poires ne sont pas aussi belles que celles que récoltait feu son mari, ses abeilles ne sont plus aussi généreuses, ses dettes de son exploitation sont devenues astronomiques. La banque la presse de tout vendre. C’est à ce moment que Pierre entre dans sa vie de façon percutante. Boum contre le capot de son break Volvo. Résultat ? Une égratignure au front. C’est vrai, on est au cinéma. Pierre est un autiste Asperger, il colle des gommettes partout et il est fortiche en maths. Le spectateur, lui, est fortiche en cinéma, il a toujours une scène d’avance et sait déjà comment tout cela va finir.

Revenons au printemps. Virginie Efira secoue ses poiriers en fleurs pour voir l’état du pollen. Elle n’est pas rassurée. Quelques plans plus tard, elle se demande où se trouve sa fille. Son ordi sous le bras, Pierre traverse des champs de tournesols et de lavande pour la géolocaliser en serveuse au bistrot du village. Elle veut aider financièrement sa maman, trop mignon ! Les deux reviennent à la maison. Et le lendemain, Virginie reprend l’examen de son verger en… fleurs. Là, Orson, c’est vraiment très très gros, mais ça ne passe plus. Pourquoi ? Parce qu’on s’intéresse trop peu à cette belle histoire du gentil autiste qui vient sortir la trop jolie apicultrice de la mouise.

Virginie Efira est bonne poire mais Eric Besnard est vraiment trop mielleux. Ce film s’ajoute à "Mes Héros", "600 kilos d’or pur" et encore "Cash"; une filmographie qui n’a rien d’une merveille. La comédienne belge et le sociétaire de la Comédie-Française, Benjamin Lavernhe, font leur maximum mais ne peuvent faire mieux que le téléfilm d’après-midi de Noël sur TF1 à croquer en mangeant ces beignets cuits dans la friture sentimentale. Même si on s’assoupit un peu, on ne risque pas d’être perdu en se réveillant.


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 Réalisation, scénario : Eric Besnard. Avec Virginie Efira, Benjamin Lavernhe, Lucie Fagedet… 1h40