Alors que l’Inde et le Pakistan se séparent en 1947, la jeune Mary Lennox (Dixie Egerickx) perd ses deux parents et doit regagner l’Angleterre, où elle est recueillie par un oncle taiseux et dépressif depuis la mort de sa femme (Colin Firth). Après la chaleur des Indes, la petite fille doit faire face à la froideur des Landes anglaises et du manoir de Misselthwaite. Transformé en hôpital durant la guerre, celui-ci n’est plus que l’ombre de lui-même. Et ce n’est certainement pas Mrs Medlock (Julie Waters), la sévère gouvernante, qui va apporter ici la moindre joie de vivre. Pas plus que les plaintes nocturnes de Colin, le fils d’Archibald, très malade et tenu enfermé dans sa chambre depuis sa naissance. Alors, Mary passe ses journées dehors, dans le parc du château, où elle rencontre le jeune Dickon, mais surtout un chien et un rouge-gorge, qui la guident vers un jardin secret empli de mystère et de magie…

Qualité anglaise

Le Jardin secret est la cinquième adaptation au grand écran (sans compter les téléfilms) du roman homonyme publié en 1911 par l’Anglo-Américaine Frances Hodgson-Burnett, la première depuis celle de la Polonaise Agnieszka Holland avec Maggie Smith en 1993. Le réalisateur britannique Marc Munden a choisi de transposer l’action en 1947, au lendemain de la partition de l’Inde et du Pakistan. On se demande bien pourquoi, tant la "réalité" qu’il décrit ici paraît intemporelle. C’est toujours celle de la bonne société anglaise cachant ses émotions, de ces Sirs et de ces Misses incapables de montrer leur amour à leurs enfants, ce récit fantastique étant en effet une métaphore sur la perte et le deuil.

On peine franchement à reconnaître le réalisateur de la formidable série Utopia derrière cette production totalement lissée, estampillée à chaque costume, chaque décor, chaque lumière, chaque réplique, chaque note de musique : "qualité anglaise". Même Colin Firth paraît totalement éteint dans le rôle de l’oncle taciturne.

Pour raconter cette histoire de jeunes Anglais cherchant à se libérer du carcan de la société de leur époque, le cinéaste aurait dû faire de son film une ode à la vie. Mais ici, tout semble au contraire éteint, engoncé dans des codes poussiéreux. Malgré le merveilleux (notamment dans la description du jardin lui-même), le film semble dès lors d’un mortel ennui.

© The Searchers

Le Jardin secret / The Secret Garden Conte fantastique De Marc Munden Scénario Jack Thorne (d’après le roman de Frances Hodgson-Burnett) Photographie Lol Crawley Musique Dario Marianelli Avec Dixie Egerickx, Colin Firth, Julie Waters… Durée 1h40

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