Ce mercredi à 11 h, lors d’une conférence de presse via Zoom, les organisateurs du Ramdam Festival de Tournai ont dû annoncer, "la rage au cœur", l’annulation de la 11e édition du "Festival du film qui dérange", qui aurait dû se dérouler du 16 au 26 janvier prochains. Contrairement à d’autres festivals, comme le 20e Cinemamed (qui se déroule en ligne jusqu’au 5 décembre), l’équipe a en effet pris la décision de ne pas proposer d’édition virtuelle. "L’ADN du Ramdam, c’est d’abord la vision de films en avant-première, en salle, et devant un large public participant aux débats avec les équipes de films. Nous accordons une attention toute particulière à l’importance de la rencontre, de l’échange, de la discussion entre festivaliers durant ces dix jours de découvertes. Cette convivialité intelligente fait désormais partie intégrante de notre événement. Il est donc hors de question de s’en priver et d’en dénaturer le Ramdam. Pas question non plus de modifier les dates habituelles de janvier intégrées par le public depuis 10 ans", explique le festival dans son communiqué.

Un best-of des dix premières éditions

Le président du Ramdam, Jean-Pierre Winberg, insistait néanmoins pour voir le verre à moitié plein, annonçant ainsi que l’actrice Lubna Azabal, "notre indéfectible marraine depuis la première édition, a accepté de continuer à soutenir le festival pour les dix ans qui viennent".

Parmi les films qui ont émaillé les dix éditions du Ramdam, son commissaire Éric Derwael pointe d’ailleurs avant tout Incendies du Québécois Denis Villeneuve, grâce auquel l’actrice belge a été reconnue à l’international. Présenté lors de la première édition du festival en 2011, il s’agit, selon lui, d’"un film à avoir vu au moins une fois dans sa vie"

Incendies devrait être l’un des films que l’on pourra revoir en ligne du 20 décembre au 10 janvier, dans le cadre d’une programmation "best-of" de 25 films (10 fictions, 10 documentaires, 5 inédits), qui permettra aux cinéphiles de reparcourir la riche histoire du Ramdam.

Par ailleurs, le festival organisera, au cours du premier semestre 2021, cinq journées-soirées spéciales à l’Imagix de Tournai, pour mettre en valeur quelques films qui auraient dû être montrés cette année et qui sortiront dans le circuit art et essai avec le label "Ramdam".

Jaco Van Dormael invité à Mons

Au même moment, le Festival du film de Mons, qui avait été touché par le début de la crise sanitaire en mars dernier, annonçait travailler de son côté à une 36e édition en bonne et due forme, qui devrait se tenir du 5 au 12 mars prochains. Et ce dans le strict respect des contraintes sanitaires, "avec tous les outils à disposition : masques, gel, maintien des distanciations physiques et des espaces entre les sièges, horaires décalés, accueil réorganisé et ventilation des salles".

Dans leur communiqué, les organisateurs montois confient "naviguer encore aujourd’hui à vue, entre prudence et optimisme", espérant que les salles soient ouvertes en mars 2021. Mais ils annoncent d’ores et déjà une réduction des tarifs pour cette édition pas comme les autres (5 € la séance et 30 € le pass 12 séances), une rétrospective consacrée à la figure de la femme fatale, ainsi que le nom de son premier invité de marque : Jaco Van Dormael. Le cinéaste belge fêtera à Mons les 30 ans de Toto le héros.