Cinéma

Six ans après le long-métrage Ernest et Célestine de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar, on ne boude pas le plaisir de retrouver les deux héros imaginés par l’illustratrice Gabrielle Vincent (alias Monique Martin), même s’il ne s’agit plus ici d’un récit long, mais d’un assemblage de quatre courts métrages (pour une séance totalisant 45 minutes).

Dans le film, Ernest et Célestine se rencontraient et s’apprivoisaient, avant de persuader leurs congénères qu’un ours et une souris pouvaient cohabiter harmonieusement. Désormais, la concorde est pleinement de mise. Et les deux amis sont les compères de petites aventures domestiques pleines de tendresse.


On retrouve dans cette coproduction franco-belge haut de gamme la délicatesse des décors à l’aquarelle et d’une animation tout en douceur, où les contours des personnages, parfois laissés ouverts, renforcent la poésie visuelle de cet univers ouaté. Sur les quatre historiettes, une seule se déroule réellement en hiver - la dernière précisément, intitulée Blizzard.

Les trois autres reviennent sur l’amitié qui lie l’ours débonnaire Ernest et la souris malicieuse Célestine. Lesquels nouent de nouvelles relations. Dans Bibi, il s’agit d’une petite oie sauvage, qui devra un jour rejoindre ses congénères pour migrer. Une souris verte chapardeuse accumule bien des objets dans Le bouton d’accordéon. Tandis que Le bal de souris s’attarde sur les préparatifs d’un événement festif en principe interdit aux ours.

Accueil, respect de l’autre, partage et prévoyance sont les valeurs mises en exergue dans cet ensemble, cohérent sur le fond et la forme avec le film modèle. Le format court des quatre segments se prête idéalement à une vision pour les plus jeunes spectacteurs. Il s’inscrit dans l’esprit des livres originaux : récits linéaires, facilement accessible, où on se laisse prendre par la main par les deux charmants protagonistes.

Comme l’univers de papier, celui de ces films offre un écrin de réconfort, un cocon chaleureux où l’on aimerait rester blotti l’hiver durant.

Réalisation : Julien Chheng et Jean-Christophe Roger. Scénario : Béatrice Marthouret, Agnès Bidaud et Jean Regnaud, d’après l’œuvre de Gabrielle Vincent. Musique : Vincent Courtois. 45 min. A partir de 3 ans.

© IPM