Cinéma Auteuil joue les papys gâteau dans une adaptation très sage d’Hector Malot.

Diffusé à partir de 1982 sur TF1, le dessin animé japonais Rémi sans famille a fait pleurer des générations d’enfants qui n’auraient sans doute jamais eu l’idée de lire Sans famille, le roman d’apprentissage d’Hector Malot publié un siècle plus tôt, en 1872. Après trois adaptations cinématographiques françaises (en 1925, 1932 et 1958), le célèbre orphelin et le saltimbanque Vitalis font leur retour au grand écran, pour parcourir les routes de la France du XIXe siècle avec le chien Capi et le petit singe Joli-Cœur.


L’histoire est connue, rabâchée même. Et l’on se demande bien - hormis peut-être le relatif succès des trois Belle et Sébastien , exactement dans la même veine nostalgique - ce qui a poussé Antoine Blossier vers cette nouvelle adaptation. Auteur en 2014 d’A toute épreuve, comédie bas-de-plafond sur un groupe de jeunes qui volaient le sujet du Bac, le réalisateur français signe ici un mélo carte postale tout ce qu’il y a de plus convenu.

Les décors sont jolis, les costumes très historiques, la fausse neige très fausse, les personnages caricaturaux et les sentiments très très très appuyés. Même Daniel Auteuil, en brave Vitalis, ne parvient pas à trouver le ton juste pour dépasser l’émotion de façade, face au jeune Maleaume Paquin. Tout sonne tellement faux dans cette nouvelle version de Rémi sans famille que le film ne dégage même pas ce petit parfum réconfortant du classicisme assumé…

Scénario&réalisation : Antoine Blossier (d’après le roman d’Hector Malot). Photographie : Romain Lacourbas. Musique : Romaric Laurence. Montage : Stéphane Garnier. Avec Daniel Auteuil, Maleaume Paquin, Virginie Ledoyen, Ludivine Sagnier, Jonathan Zaccaï… 1h46.

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