Le film de John Crowley produit une sensation étrange, celle d’une bande-annonce de 2h30.

Prix Pullitzer 2014, best-seller mondial, Le Chardonneret est un pavé de 800 pages porté à l’écran par l’irlandais John Crowley (Brooklyn).

Comme une bande-annonce, son film survole le récit, situe ses deux époques - au temps de l’Ipod et aujourd’hui -, montre ses trois décors: un appartement cossu de Manhattan, la seule maison habitée d’un lotissement "subprimes" en plein désert du Nevada et l’atelier d’un antiquaire spécialisé dans les meubles américains. Il y a, bien entendu, des images choc, celle d’une explosion au Metropolitan Museum.


Et puis, une toute petite toile d’un maître hollandais (Carel Fabritius) représentant un chardonneret.

La bande-annonce est là pour susciter l’envie auprès de spectateurs potentiels. Le cœur de cible, c’est l’amateur de film de prestige plutôt academique, le genre film à oscars, interprété par des valeurs sûres, notamment Nicole Kidman (vieillie pour l’occasion) ou Jeffrey Wright, et des têtes montantes comme Ansel Elgort (vedette de la série Divergente).

La bande-annonce n’a évidemment pas le temps de cerner, encore moins de développer, pas même d’évoquer les thèmes de fond de l’ouvrage : l’art, le deuil, la culpabilité. Ça c’est pour les lecteurs.

Le sentiment que laisse le film de Jim Crowley est celui d’une très longue bande-annonce qui échoue à dévoiler tout ce qui fait l’épaisseur de l’œuvre de Donna Tartt.

Le Chardonneret / The Goldfinch Drame littéraire De John Crowley Scénario Peter Straughan d’après l’œuvre de Donna Tart Avec Ansel Elgort, Oakes Fegley, Nicole Kidman, Jeffrey Wright Durée 2h30.

© Note LLB