Pour les lecteurs attentifs d’Harry Potter, le nom de Nobert Dragonneau n’est pas inconnu. Il est l’auteur des "Animaux fantastiques", un ouvrage qu’étudiait le jeune sorcier à Poudlard. De là, à se demander qui était ce Norbert Dragonneau... Il n’y avait que J.K Rowling pour se poser la question. Et voici le premier volet de sa réponse en plusieurs films, l’auteur de Harry Potter ne faisant pas les choses à moitié.

Justement, comment nommer cette chose : un préquel, une suite, une spin-off ? Aucun terme ne correspond réellement. II ne s’agit pas d’un préquel, on ne remonte pas la généalogie de Harry Potter sur plusieurs générations. Il ne s’agit pas non plus d’une suite, puisque le récit se déroule à New York, des décennies plus tôt. Et on ne peut parler de spin off puisqu’il ne s’attache à aucun personnage ou créature de la saga Potter. Et pourtant, on est en terrain fantastique connu, celui de J.K. Rowling, qui signe ici le scénario - sans même passer par l’étape livre -, l’a confié à ses fidèles, le producteur David Heyman, le réalisateur David Yates, derrière la caméra des quatre derniers HP.

L’univers est familier, celui des sorciers et des moldus qui ne doivent pas se rencontrer. Mais c’est compter sans la valise de Norbert Dragonneau qui, dans ce premier épisode, est encore plus magique que la baguette.

Quand Norbert descend du paquebot à New York, celle qu’il présente au douanier contient quelques vêtements, sa brosse et un réveil. Mais on sait déjà que s’y cache une étrange créature, qui va se faire… la malle un peu plus tard après un petit choc contre un exemplaire identique. Un candidat boulanger se voit ainsi précipité dans une histoire qui, dira-t-il, "est certainement réelle car il n’a pas l’imagination pour l’inventer". Comme se retrouver dans l’appartement d’une délicieuse sorcière qui lui apporte du chocolat chaud. Pas le temps de le boire, Norbert le somme de se glisser dans sa valise comme on pénètre dans un puits, pour découvrir un extraordinaire atelier laboratoire, et ensuite carrément un zoo peuplé de créatures inouïes.

Norbert, ancien de Poudlard, est donc un vétérinaire. Ce n’est plus un ado mais un jeune homme qui a vécu, voyagé, aimé, comme en témoigne une blessure au cœur mal cicatrisée. C’est une autre génération, celle des jeunes adultes que JK Rowling raconte, dans les années 20, dans un autre pays, de quoi s’amuser avec la rivalité USA - GB.

Dans une première partie, l’auteur laisse libre cours à son imagination en présentant son bestiaire d’animaux aux physiques délirants et aux aptitudes surprenantes. Elle laisse libre cours aussi à son humour, multipliant les éclaircies de comédie dans son ciel dont on connaît la noirceur. Mais progressivement, David Yates, la Warner et le pop-corn prennent l’ascendant pour livrer une débauche de scènes d’action et un festival d’effets spéciaux, aussi spectaculaires que dénués d’âme. Et dire que Nobert disait à ses comparses : "Ne soyez pas prévisibles".


© IPM
Réalisation : David Yates. Scénario : J.K. Rowling. Image : Philippe Rousselot. Musique : James Newton Howard. Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Colin Farell, Ezra Miller… 2h13.