Trente-cinq mille entrées en deux semaines, sur onze copies, des séances qui affichent "complet", des spectateurs assis sur les marches, une ambiance dans les salles devenue rare, avec rires aux éclats et applaudissements à la fin de la projection Sans surprise, pour ceux qui l’ont vu, "Les Barons" fait un carton. Plus réjouissant, encore : il fédère les communautés et les générations. Pour rappel, "Les Barons" est une comédie décoiffante, tournée à Bruxelles, et ayant pour (anti-) héros un trio de glandeurs professionnels, qui traînent leurs tennis dans les rues de Molenbeek. Nabil Ben Yadir livre dans ce premier film un portrait de sa communauté et de son quartier, avec humour et franchise mais, surtout, une verve et un sens cinématographique peu communs.

Chez le distributeur, Cinéart, on est "ravi" de ce succès. "C’est la deuxième meilleure moyenne d’entrées par copie après "2012" !", se réjouit Christine Eloi. Si le film est avant tout un phénomène bruxellois, il marche aussi très bien en province. "On espère pouvoir encore augmenter le nombre de copies mais nous devrons voir au fur et à mesure". Les places sur les écrans sont en effet limitées et la période est particulièrement riche en (grosses) sorties.

Le buzz s’étend via le bouche à oreille mais aussi sur la toile : sur Facebook, la page du film comptabilisait mardi 4 858 fans. Nabil Ben Yadir, le réalisateur, est partout : il signait son Auto-Portrait dans "La Libre" samedi dernier, était l’invité de la rédaction du "Soir" vendredi et participe depuis cette semaine au Jeu des Dictionnaires sur La Première Fait rare : le site français commeaucinema.com a relevé cet engouement : "C’est "La Haine" en comédie, "Bienvenue chez les Ch’tis" en version belge" notent nos confrères français. De bon augure deux mois avant la sortie du film en France.