Faut-il encore retransmettre en télévision les cérémonies de remise de prix, généralement interminables, bourrées de déclarations insipides et soporifiques ? La question mérite d’être posée après la gifle que viennent de recevoir les organisateurs des Golden Globes.

La soirée "virtuelle" de ce dimanche, avec des stars à domicile, placée sous le signe de la polémique (nominations qui auraient été achetées, aucun membre noir parmi les 87 votants), a réalisé son plus bas score historique d’audience, avec seulement 5,42 millions de téléspectateurs, contre 14,76 l’an dernier. Soit une baisse de 64 %.

Bien sûr, on pourrait arguer qu’il ne faut pas tirer de conclusion à partir d’une seule cérémonie. Mais en fait, le phénomène n’est nullement isolé. Ces six derniers mois, les CMA Awards, Academy of Country Music Awards and American Music Awards ont tous attiré un tiers de spectateurs en moins que l’an dernier.

La pandémie serait-elle responsable de cette désaffection du public ? Ce serait se voiler la face. En 2020, 23,6 millions d’Américains ont regardé les Oscars. Soit une chute de 20 % en douze mois. Et dire qu’en 1998, la même soirée fascinait 55 millions de paires d’yeux…

Les Emmy Awards ont vu leur audience passer de 21,8 millions en 2000 à 5,6 millions 20 ans plus tard, et les Grammy Awards de 51,6 millions en 1983 à 18,8 en 2020.

Les Césars aussi à la traîne

Quant aux César, s’ils ont redressé la barre en 2020 (2,1 millions de téléspectateurs, contre un record historiquement bas de 1,6 million en 2019), ils restent loin des 3,9 millions de Français devant leur petit écran en 2012. 

La tendance est donc générale. Ce type de manifestation, qui a manifestement fait son temps, devrait sans doute être repensé soit pour être plus palpitante pour le public, soit pour se dérouler dans une toute autre ambiance, loin des caméras de télévision.