Le mercredi 28 octobre 2020, le Premier ministre Alexander De Croo annonçait un reconfinement partiel de la Belgique. Déjà fermées depuis le week-end à Bruxelles, les salles de cinéma baissaient à leur tour le rideau en Wallonie. Directement fauchés, des films importants comme Adieu les cons de Dupontel, Drunk de Vinterberg ou Ondine de Christian Petzold… Certains seront de nouveau à l’affiche ce 9 juin quand, après plus de sept mois de fermeture, les salles pourront donc enfin rouvrir leurs portes, en suivant un protocole sanitaire strict. Pour le secteur, l’enjeu est énorme. 

Mercredi prochain, on compte ainsi plus d’une vingtaine de sorties ou ressorties de films sacrifiés après une semaine d’exploitation. Du jamais vu ! Contrairement aux autres années, l’été ciné s’annonce donc très chargé. Pour vous y retrouver, nous vous proposons dans ce dossier spécial nos coups de cœur pour les semaines à venir. 


Voici nos douze coups de coeur de l'été

1) Nomadland

Le film de l’année Covid : Lion d’or à Venise, Golden Globe, trois Oscars. Fidèle à son cinéma, Chloé Zhao (The Rider) signe un chef-d’œuvre d’humanité en promenant une formidable Frances McDormand dans l’Ouest américain, la confrontant à de vrais nomades contemporains, qui n’ont d’autre choix que de vivre sur la route. Un sublime portrait des perdants du rêve américain.

De : Chloé Zhao. Sortie : 9 juin

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2) Adieu les cons

Resté une semaine à l’affiche avant le reconfinement, Adieu les cons ressort sur les écrans, auréolé entre-temps de sept César (dont meilleurs film, réalisateur et scénario). Charge contre la modernité radicalement humaniste – à travers la fuite en avant d’une coiffeuse et d’un informaticien –, le dernier opus d’Albert Dupontel est son meilleur. Drôle, rageur, tendre, bouleversant. Avec une Virginie Efira touchante.

De : Albert Dupontel. Sortie : 9 juin

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3) Cruella

Disney visite les origines d’une de ses plus célèbres méchantes, Cruella De Vil. Sur un scénario intelligent, le réalisateur de I, Tonya livre un affrontement au sommet entre Emma Stone, dans le rôle de la future toquée de fourrure en peau de dalmatiens, et Emma Thompson, impériale en Baronne de la mode. Un régal rehaussé par les seconds rôles, la direction artistique et la bande musicale.

De : Craig Gillespie. Sortie : 9 juin

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4) Petite fille

Durant plus d’un an, Sébastien Lifshitz (récent César du meilleur documentaire pour Adolescentes) a suivi la petite Sasha, née garçon, mais qui se sent fille depuis l’âge de 3 ans. Dans la lignée de ses films Les Invisibles et Bambi, le documentariste signe un magnifique portrait pour aborder, avec une grande sensibilité, le sujet délicat de la dysphonie de genre chez l’enfant.

De : Sébastien Lifshitz. Sortie : 16 juin

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5) Drunk

De retour au pays après le naufrage de Kursk, Thomas Vinterberg signe une sublime ode à l’alcool et surtout à la vie pour exorciser la perte tragique de sa fille. Et ce en mettant en scène l’expérience alcoolisée menée par quatre professeurs de lycée qui cherchent à retrouver la joie de vivre. Dont un formidable Mads Mikkelsen, que Vinterberg retrouve huit ans après La Chasse. Labellisé “Cannes 2020”, Drunk a raflé quatre prix aux 33es European Film Awards, mais aussi le César et l’Oscar du meilleur film étranger.

De : Thomas Vinterberg. Sortie : 9 juin

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6) The Father 

Adaptant sa propre pièce Le Père, créée en 2012 avec Robert Hirsch à Paris avant de faire le tour du monde, le dramaturge Florian Zeller signe un premier long métrage épatant, qui nous plonge dans les abîmes de la vieillesse. Grâce à un immense Anthony Hopkins – magistral face à Olivia Colman – et à une mise en scène très intelligente, le Français parvient à nous mettre dans la tête d’un vieillard atteint de démence. Oscars du meilleur acteur et de la meilleure adaptation.

De : Florian Zeller. Sortie : 16 juin

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7) Gagarine

Labellisé “Cannes 2020”, un premier film époustouflant signé Fanny Liatard et Jerémy Trouilh. Diplômés de Sciences Po, les deux cinéastes français parviennent à mêler poésie et dure réalité pour signer un film de banlieue bouleversant sur la destruction de la Cité Gagarine à Ivry-sur-Seine. Et ce à travers le portrait d’un gamin qui décide de transformer sa cité HLM en station spatiale. Une réponse, positive et pleine de tendresse, aux Misérables de Ladj Ly.

De : Fanny Liatard et Jerémy Trouilh. Sortie : 14 juillet 

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8) Les 2 Alfred

Après la parenthèse Bécassine (2018), les frères Podalydès (Bruno réalise, Denis coécrit et les deux interprètent) reviennent à leur observation de la modernité dérégulée, entamée avec le centre commercial de Bancs publics – (Versailles Rive-Droite) (2009) ou les pompes funèbres branchées d’Adieu Berthe (2012). C’est au tour de la start-up nation du macronisme d’être auscultée. Si le regard des Podalydès lorgne vers Tati, ce sont aussi des dialoguistes patentés, servis par une belle troupe de comédiens.

De : Denis Podalydès. Sortie : 23 juin

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9) Petite Maman

Écrit pendant le premier confinement, tourné entre les deux vagues, Petite Maman n’a rien à voir avec la pandémie, si ce n’est sa bulle familiale. Partie avec ses parents vider la demeure de sa grand-mère, une gamine rencontre dans le bois voisin une fillette de son âge qui a le même prénom que sa mère et construit un refuge là où celle-ci avait bâti le sien. Céline Sciamma s’essaye au conte avec ce délicat récit de transmission sur fond de deuil. À partager en famille.

De : Céline Sciamma. Sortie : 30 juin 

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10) True Mothers

Label du Festival de Cannes 2020, True Mothers de Naomi Kawase revient à la famille et à la transmission avec ce récit centré autour d’un enfant adopté que vient réclamer une femme qui se prétend sa mère. Au travers de flash-backs, la réalisatrice expose les épreuves surmontées par les parents adoptifs pour assouvir leur désir de fonder famille, et le destin de la mère biologique. Passée une mise en place un peu laborieuse, ce récit à tiroirs et à suspense soutient l’intérêt jusqu’au bout.

De : Naomi Kawase. Sortie : 11 août 

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11) Le sorelle Macaluso 

Sept ans après Palerme (Via Castellana Bandiera), la dramaturge sicilienne Emma Dante revient au cinéma avec une transposition à l’écran de son spectacle homonyme, créé à Avignon en 2014. Avec Le Sorelle Macaluso, elle accouche d’un second long métrage bouleversant, où elle aborde la question du deuil et de la culpabilité, à travers le récit de l’existence, de l’enfance à la vieillesse, de cinq sœurs palermitaines frappées par une tragédie. Une explosion de sentiments d’une rare pudeur.

De : Emma Dante. Sortie : 28 juillet 

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12) Une vie démente 

Pour leur premier long métrage après deux courts remarqués, Ann Sirot et Raphaël Balboni s’emparent d’un sujet a priori délicat : la maladie d’un proche. Sur cette thématique pesante, le duo imagine la chronique tendre et grinçante du quotidien d’un couple confronté à la dérive d’un de ses ascendants. Cette élégante tragicomédie belge pose des questions essentielles sur le regard que l’on porte sur l’autre, sur les attentes que l’on tait ou avoue. Sur les limites qu’on franchit ou s’impose aussi. Cerise sur le gâteau : le film ose quelques beaux clins d’œil visuels.

De : Ann Sirot Raphaël Balboni. Sortie : 8 septembre

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Protocole et bonnes pratiques

La Fédération des cinémas de Belgique a dressé un protocole. Celui-ci pourrait encore changer après le Codeco du 5 juin. En voici les grandes lignes :

Distanciation. Une distance d’1,5 mètre entre spectateur ou bulle s’impose. Le port du masque est obligatoire, sauf pour les moins de 12 ans.

Flux. Il est demandé aux spectateurs d’arriver au maximum 30 minutes avant la séance choisie et de quitter les lieux dès la fin de celle-ci.

Billetterie. La vente en ligne est encouragée. Attention : certains exploitants l’imposent.

Snacks. La consommation de boissons et snacks est autorisée, mais uniquement lorsqu’on est assis.

Ventilation. Les exploitants doivent veiller à ventiler les salles afin de maintenir le taux de CO2 dans la norme légale (900-1200 ppm).

Horaires. Les séances doivent être programmées afin de gérer les flux et de respecter le couvre-feu.