Cinéma

Présenté ce mardi soir au Palais des festivals en Compétition officielle, "Deux jours, une nuit" était dévoilé quelques heures plus tôt à la presse internationale. Ce mardi midi, à la sortie de la vision de presse, c’est un festival de louanges qui a accueilli le dernier film des frères Dardenne, notamment sur Twitter. Avec un leitmotiv : le film pourrait bien offrir une 3e Palme d’or à ses auteurs. "Vont-ils tirer un brelan avec ce thriller socio-économique aussi violent que nécessaire ? Ce serait injuste pour les autres, mais en aucun cas immérité", estime par exemple le critique suisse Antoine Duplan dans "Le Temps", qui parle d’un film "subtil, bouleversant et révoltant".

Une mise en scène implacable

Dans "The Guardian", le critique britannique Peter Bradshaw salue, lui, "un brillant drame social-réaliste avec une tension narrative réelle nouvelle dans le travail" des Dardenne dans un film qui "rappelle le "Bread and Roses" de Ken Loach". Philippe Rouyer ("Postif") parle lui aussi d’une "espèce de thriller" et se montre dithyrambique sur la mise en scène des cinéastes liégeois : "Comment font-ils pour avoir l’air d’être aussi simple ? La réponse, c’est le travail. C’est ça le grand cinéma : réussir à dissimuler à quel point c’est fait avec malice. Le spectateur ne peut pas l’énoncer mais il perçoit cela. C’est avec ça qu’on touche son cœur."

Accordant lui aussi "5 étoiles" à "Deux jours, une nuit", Thomas Baurez de "StudioCinélive" juge qu’il s’agit "d’un de leurs films les plus aboutis, des plus rigides, sans que ce soit un inconvénient". "Leur mise en scène est implacable : que des plans séquences extrêmement précis. Il y a toujours un chambranle de porte, l’arrête d’un mur qui sépare Marion Cotillard de ses collègues. C’est cette théatralisation de l’espace et cette rigidité qui rendent le film à la fois étouffant et incroyablement puissant."

Portrait de la crise

Dans "L’Express", Thierry Chèze se montre tout aussi enthousiaste : "Encore, déploreront forcément certains grincheux ! Oui, encore un film des frères Dardenne en compétition à Cannes ! Mais pas n’importe lequel : un millésime d’exception, une œuvre imparable sur la dignité humaine et sur cette crise dont on semble ne plus jamais devoir voir la fin et qui pousse les plus faibles à s’affronter selon la seule règle inique de la loi du plus fort. […] Amoureux de l’humanité même dans ce qu’elle peut avoir de plus inhumaine, les Dardenne osent parler d’espoir et de lumière, quand tout nous conduit au désespoir et à la nuit." Sur RTL, le journaliste Stéphane Boudoscq salue, lui aussi, "un formidable portrait social et humain de notre temps, de notre société en crise".

Journaliste sur la chaîne d’info en continu LCI, Evangeline Barbaroux se joint, elle, à la presse unanime pour venter le jeu tout en justesse de Marion Cotillard, à qui beaucoup pronostique un prix d’interprétation. "Filmée comme une jeune femme terrienne, réelle, et pas comme la jeune femme caricaturale, un peu éthérée, d’Hollywood, Marion Cotillard peut être une très très grande actrice !"


L'équipe du film "Deux jours, une nuit" montera ce mardi soir les marches du Festival de Cannes.