Suite sans surprise mais efficace du "soap opera" de la Marvel. Distrayant.

Dans le "Marvel Cinematic Universe" (label officiel des sagas super-héroïques produites par Disney et sa filiale),"Les Gardiens de la Galaxie" apportèrent en 2014 un petit vent de fraîcheur. Ce soap opera unissait face à une menace cosmique un orphelin kidnappé et élevé par des corsaires intersidéraux (Chris Pratt), un raton-laveur chasseur de prime (la voix de Bradley Cooper), un tueur au grand coeur (Dave Bautista), une plante humanoïde (la voix de Vin Diesel) et une guerrière à la peau verte (Zoe Saldana).

L’hénaurmité de l’ensemble était assumée par le réalisateur James Gunn à grand renfort d’un humour ravageur désamorçant la dimension pompeuse qui plombe souvent ce genre désormais omniprésent sur les grands écrans comme jadis le western. Même les inévitables scènes de baston étaient agrémentées d’un brin d’autodérision.

Ce décalage salvateur est réitéré ici, dès la scène d’ouverture durant laquelle l’affrontement du quintet avec une "créature extraterrestre multidimensionnelle" n’est que la toile de fond du générique sur fond de musique disco.

Dans cet univers ouvertement foutraque (et souvent de mauvais goût), avec en cameo Sylvester Stallone, Ving Rhames, Michelle Yeoh, l’increvable Stan Lee et David "K2000" Hasselhoff (dans son propre rôle, si, si), personnages comme comédiens, tirent leur épingle du jeu - ce qui fait la différence.

Antagonistes contraints de s’allier dans le premier opus, les cinq "gardiens" constituent désormais une équipe bien rôdée. Groot, le végétal du groupe, étant désormais réduit à l’état de jeune pousse suite aux aléas subis dans le premier épisode, c’est même une famille - certes joyeusement dysfonctionnelle - que constitue cette poignée d’orphelins et de proscrits.

Derrière la trame - convenue - de ce deuxième épisode, où il s’agit à nouveau de sauver l’univers d’une entité quasi-divine et totalement maléfique, c’est ce thème de la famille (antienne du cinéma mainstream américain mais aussi du comic book) qui sert de fil conducteur. Quill, figure du proue du groupe, rencontre son géniteur biologique (Kurt Russell, numériquement rajeuni dans le prologue) mais va comprendre qui fut son véritable père. Les sœurs d’adoption Gomorra et Nebula ont toujours un vieux compte à régler, avec tout ce qui peut leur tomber sous leurs mains léthales en guise d’argument. Drax, sanguinaire débonnaire et très premier degré, et Rocket prendront conscience de ce qui les lie aux autres.


© IPM
Réalisation : James Gunn. Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Kurt Russell,… 2h16.