Cinéma À voir, mais seulement pour une scène entre Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant.

"Elle est tombée amoureuse de moi et je n’ai rien fait pour la relever".

Si on engage au calendrier du "Petit farceur" ou à l’Almanach Vermot, Claude Lelouch a encore toutes ses chances de décrocher un nouveau job à plus de 80 ans.

En attendant, il recycle pour la troisième fois son grand succès Un homme et une femme ainsi que sa grande fierté : une traversée de Paris a 100 à l’heure et 18 feux rouges brûlés. Difficile, tout de même, en dépit de ces gestes de récupération, de qualifier Les plus belles années d’une vie, de film bio.


Son début est assez épatant. On assiste, 53 ans après leur chabadabada originel, aux retrouvailles de Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimé. L’un s’éteint dans une maison de retraite cinq étoiles. Sa mémoire fait du yo-yo et l’autre vient lui rendre visite sans dévoiler son identité. Le moment de cinéma est poignant car Lelouch fait confiance à sa belle idée et à ses lumineux acteurs, tout en faisant un énorme effort de modestie en ne signant pas sa séquence de ses soûlants mouvements giratoires.

Après ce face-à-face bouleversant, on ne saurait trop recommander au spectateur de sortir immédiatement de la salle s’il veut conserver un excellent souvenir du film, de la délicate pudeur d’Anouk Aimée, du sourire malicieux de Jean-Louis Trintignant.

Car ensuite, Les plus belles années d’une vie procure encore autant de plaisir qu’une heure passée dans la salle d’attente du dentiste avec, en guise de musique d’ambiance, Nicole Croisille et Calogero qui chantent du Barbelivien.

Mieux vaut éviter ce qui n’est plus que du remplissage parfois embarrassant avec des larges extraits de ses propres films, des séquences oniriques navrantes, des plans de 2CV sur les planches de Deauville d’une laideur anormale de la part du réalisateur de Les Uns et les Autres.

On peut s’éviter tout cela en partant après 25 minutes.


Les plus belles années d’une vie Mélodrame nostalgique De Claude Lelouch Scénario Claude Lelouch, Valérie Perrin Avec Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée, Marianne Denicourt Durée 1h30.