Les contrats contre le risque que font courir les stars aux sociétés ont augmenté de 2 000 % en deux ans !

Qu’il paraît loin le temps où les producteurs se battaient à coups de carnets de chèques pour attirer les plus grandes stars, garantes de succès publics et de rentrées colossales. Aujourd’hui, les idoles sont surtout payées au pourcentage sur les recettes, et les studios prennent des assurances-scandale pour se protéger des risques que leur font courir leurs interprètes principaux. Car désormais, une accusation de viol, une enquête pour harcèlement sexuel, une insulte raciste, des propos homophobes ou une sombre affaire d’escroquerie et la réputation d’une vedette s’effondre aussitôt, entraînant dans sa chute, avant même l’ouverture d’un procès, les productions dans lesquelles elle était engagée.

Pour les studios, les conséquences peuvent être catastrophiques. On se souvient qu’en 2017, Ridley Scott avait été contraint de faire rejouer par Christopher Plummer toutes les scènes de Tout l’argent du monde dans lesquelles était apparu Kevin Spacey. Il avait ensuite dû réaliser un gros travail de montage pour effacer toute présence du comédien accusé de harcèlement sexuel. Résultat : dix millions de dollars de frais supplémentaires pour le studio, soit une augmentation de 25 % du budget.

L’affaire Weinstein et la multiplication des accusations de sexisme ou de gestes déplacés ont rendu les producteurs encore plus méfiants. À tel point qu’au cours des deux dernières années, le nombre d’assurances-scandale a augmenté de 2 000 % selon la compagnie SpottedRisk. Une dépense supplémentaire désormais intégrée dans les coûts du film : lors de chaque tournage, 1 à 2 % du budget serait consacré à cette protection contre les débordements des stars. Avec des primes qui peuvent atteindre les 10 millions de dollars.

Paradoxalement, même si les versements sont plus élevés pour les comédiens le plus souvent cités dans les rubriques People, la vraie crainte des studios est liée aux interprètes réputés sans histoire. Eux, personne ne s’attend à les retrouver englués dans une affaire de mœurs ou de déclarations inadmissibles. Si cela se produisait, ils seraient emportés par la tempête médiatique et le boycott immédiat du public. Et leurs films avec eux. Pour le plus grand malheur des studios qui les financent. Voilà pourquoi aujourd’hui, Hollywood craint tant les stars qui ont fait sa gloire.