Après le succès commercial du premier film 3D des Schtroumpfs en 2011, il ne pouvait en être autrement : il fallait une suite. Si la fournée précédente avait pour décor les gratte-ciel de Manhattan, les petits hommes bleus ont traversé l’Atlantique pour la suivante.

Peut-être pas assez glamour, Bruxelles, berceau de Peyo, l’auteur de la bande dessinée de notre enfance, n’a pas été retenue. C’est donc à Paris que Gargamel (le grimaçant Hank Azaria) se produit, plus fort que Garcimore, Gérard Majax et David Copperfield réunis. Sous la voûte de Chagall, l’Opéra Garnier a été débarrassé des vulgaires Lucia di Lammermoor ou Aida pour faire place au plus grand magicien de tous les temps, grâce au peu de jus de Schtroumpfs qu’il lui reste. S’il veut dominer le monde, il lui faut donc des Schtroumpfs, des vrais, et pas les deux pestes qu’il a créées, comme, en son temps, la Schtroumpfette, avant que le Grand Schtoumpf ne la remette dans le droit chemin et qu’une potion miracle en fasse un Schtroumpf à part entière.

Le plan est donc de dépenser le reste de son pouvoir pour récupérer la Schtroumpfette, lui faire cracher le morceau sur la potion qui l’a rendue Schtroumpf, puis faire sa réserve de Schtroumpfs à presser pour en récolter de la magie. Forcément, le village des Schtroumpfs est en émoi après le kidnapping de la seule blonde du coin, alors même qu’ils préparaient son anniversaire.

Une équipe de choc composée du Grand Schtroumpf, du Schtroumpf Maladroit, du Schtroumpf Grognon et du Schtroumpf Coquet plonge dans le monde des humains et retrouve les acteurs de l’opus de 2011 : un Neil Patrick Harris transparent, limite zombie, alors que l’on ne voit généralement que lui dans la série “How I met Your Mother” et une Jayma Mays qui fait son boulot de gentille ahurie, comme dans la série “Glee”. Histoire de donner du poids au casting, Brendan Gleeson (“Harry Potter et la Coupe de feu”, “In Bruges”…) joue le père de substitution mal aimé par Neil Patrick Harris.

Sortez les violons, c’est le tire-larmes du film qui sent bon le triangle Luke Skywalker/Dark Vador/Obi-Wan Kenobi : de qui est-on l’enfant ? D’un procréateur absent ou d’un beau-père expansif, pour Harris ? D’un créateur machiavélique ou d’un Grand Schtroumpf mentor, pour la Schtroumpfette ? La famille, c’est bien sûr ceux qui vous aiment, même si, dans dix ans, le gosse qui vous aura traîné voir les Schtroumpfs vous pourrira vos repas avec sa crise d’ado, vous l’aimerez encore et lui répondrez : “Baisse d’un ton : je t’ai torché et, en plus, je me suis farci ‘Les Schtroumpfs 2’ pour toi.” Votre progéniture aura peut-être la répartie aussi pauvre que Neil Patrick Harris et vous vantera le rythme soutenu du film, les belles couleurs, les gags “classiques” (on rote, on pète, un coup dans les valseuses, un autre sur le “pète”…) entrecoupés de séquences émotions et saupoudrés d’une morale qui le guidera toute sa vie…

L’enfant se sera amusé finalement. Vous en aurez été quitte pour deux places de ciné 3D, une bricole du merchandising omniprésent, voire du single associé interprété par la digne héritière de Vader Abraham et Dorothée : Britney Spears.


Réalisation : Raja Gosnell. Avec Neil Patrick Harris, Jayma Mays, Bendan Gleeson… Voix françaises : Isabelle Carré, Gérard Hernandez, Fred Testot… Voix anglaises : Katy Perry, Christina Ricci, Lil’Wayne… 1 h 31.