Le 1er décembre 2001 entrait en vigueur en Argentin le Corralito, dans un contexte de crise économique aggravée. Tout retrait de plus de 250 pesos par semaine était interdit. Catastrophe pour Fermin Pelassi (Ricardo Darín), sa femme Linda, et leurs associés de la nouvelle coopérative qu’ils veulent créer pour redynamiser leur village : la veille du gel des avoirs, pour lui accorder le prêt couvrant la totalité de l’investissement de 300 000 pesos, le manager de la banque a poussé Fermin à convertir les dollars de leur capital en pesos, déposés sur un compte la veille. Le banquier, lui, a pratiqué un délit d’initié, cédant derechef les dollars à un avocat complice - qui a planqué l’oseille.

Un an plus tard, Fermin et ses amis découvrent où le magot est dissimulé : dans une chambre forte planquée sous un champ et équipée du dernier cri des systèmes d’alarme. Les losers du Corralito entendent bien remettre la main sur leur argent.

Imaginez un Ocean’s Eleven avec un pré aux vaches à la place du Strip de Vegas et une bande de pieds nickelés argentins en lieu et place de George Clooney, Brad Pitt et Cie. Ils ne sont pas moins sympathiques ni moins ingénieux pour autant.

Côté cinéma, l’intrigue cite directement le film Comment voler un million de dollars (William Wyler, 1966), source d’inspiration de Fermin et ses sept compères pour mener à bien leur propre casse.

Si le film ne manque ni d’ironie ni d’humanité - avec une belle galerie de personnages attachants - il n’a pas le glamour des deux références précitées. Sebastián Borensztein n’a pas la maestria insolente de Steven Soderbergh ou l’imagination de ses personnages.

La longue mise en place débouche sur une résolution un peu expéditive, qui laisse frustré le spectateur d’un grand final un peu plus enlevé ou à la hauteur de l’enjeu. Le manque de capital spectaculaire est compensé par celui sympathie suscitée par cette bande de braqueurs aussi frondeurs qu’amateurs emmenés par Ricardo Darín.

Losers héroïques / La Odisea de los giles. Dramédie De Sebastián Borensztein Scénario Sebastián Borensztein Avec Ricardo Darín, Chino Darín, Luis Brandoni, Verónica Llinás,… Durée 1h56.

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