Toutes les enquêtes réalisées depuis le début de la pandémie de covid-19 ont donné des résultats similaires : l’immense majorité des cinéphiles n’a plus l’intention de mettre un pied dans un multiplexe cette année. Quelle que soit la programmation. Elles étaient, hélas, souvent bien en dessous de la réalité. Un sondage réalisé en Irlande révèle que seuls 6 % des habitants ont visionné un film sur grand écran depuis la réouverture des salles. En Belgique, le taux d’occupation n’excéderait pas les 15 %. De quoi donner des sueurs froides à tous les propriétaires des cinémas, pour qui la prolongation de cette situation pourrait bien rimer avec faillite.

Pour eux, il ne fait pas beaucoup de doute que de la réussite commerciale de Tenet, à partir du 26 août, dépend totalement le box-office des derniers mois de 2020. Un triomphe, et les studios reprogramment probablement quelques blockbusters, histoire de ne pas laisser dormir une montagne de dollars. Un échec et le modèle de Mulan pourrait faire des adeptes. Même si seulement 15 % des 60 millions d’abonnés à Disney + sont d’accord de payer 30 $ pour le visionner (ce qui représente un box-office de 270 millions $, assez faible pour une superproduction de plus de 200 millions $), cela pourrait représenter une somme énorme par rapport aux rentrées en salles.

Les enjeux sont donc énormes. Et pour aider les distributeurs dans leur communication, Movio a réalisé une étude fort intéressante sur le profil du cinéphile qui n’a pas eu peur de porter un masque afin d’assouvir sa passion.

Première conclusion : les femmes se sont révélées nettement moins trouillardes. Partout dans le monde, elles ont occupé plus de sièges en juin qu’au mois de janvier. Au Moyen-Orient, elles sont passées de 22 à 26 %. En Australie, alors qu’elles n’achetaient que 19 % de tickets en début d’année, les jeunes filles et femmes de 12 à 34 ans mettent désormais la main sur 40 % d’entre eux. Une tendance mondiale, sauf en Europe occidentale, où la même catégorie passe de 28 à 22 % de l’assistance.

Comme on pouvait s’y attendre, la part des jeunes, sans distinction de sexe, a connu une croissance. En Australie, elle a presque doublé, passant de 32 à 60 % du public. En Belgique, en France et chez tous nos voisins, l’augmentation n’a pas autant explosé. De 43 % en janvier, la part de la jeunesse est passée à 50 % en juin. Seules exceptions : la Nouvelle-Zélande (là, ce sont les plus de 55 ans qui triomphent) et la Scandinavie (les moins de 35 ans n’occupent plus que 32 % des sièges, contre 41 % six mois plus tôt).

Enfin, dernier point étonnant, ceux qui se rendaient dans les salles en janvier ont remis ça plus intensivement en juin. Ainsi, en Europe occidentale, les amoureux des écrans blancs assouvissaient leur passion 1,45 fois par mois en janvier, et 1,62 fois en juin.

Pour relancer les multiplexes, ce sont donc les femmes, les jeunes et les cinéphages qu’il faut viser en premier lieu.

Depuis qu'il est à nouveau possible de se rendre au cinéma, y avez vous été ?

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