Il est minuit sur Terre en 2049. La planète est à bout de souffle et, avec elle, l’Humanité. On ne sait pas pourquoi l’évacuation vers des bunkers sous-terrains, qui n’offriront qu’un court répit, a lieu dans le dernier quart d’heure. Une incohérence ou un raccourci parmi tant d’autres. Toujours est-il que le docteur Augustine Lofthouse (George Clooney) décide de rester seul dans une base arctique. Motif officiel : alerter l’équipage de la mission spatiale Ether, envoyée aux confins du système solaire afin d’évaluer la viabilité d’une planète qu’Augustine a identifiée naguère.

Houston a sans doute déjà un problème pour ne plus informer le commandant Adewole (David Ayelowo) et son équipage mixte. Là aussi, le scénario fait fi de l’incongruité. Noyant solitude et démons dans l’alcool, Augustine découvre dans la base une gamine mutique, Iris (Caoilinn Springall).


Faute de pouvoir contacter Ether, Augustine, soudain sobre (cherchez pas à comprendre), et sa protégée entreprennent une randonnée arctique vers une base dotée d’un émetteur plus puissant. Profitant de l’intermède, Ether prend les chemins des écoliers pour revenir sur Terre et foire son émetteur - bon prétexte à une toujours périlleuse sortie extra-véhiculaire. Ces péripéties sont supposées injecter de l’adrénaline aux deux intrigues téléphonées, que leur convergence ne pimentera pas.

Attention aux gros signaux : Augustine, virtuel dernier homme vivant, a préféré des années plus tôt sa carrière à la vie de famille ; à bord de l’Ether, Mayflower en puissance, la scientifique Sully (Felicity Jones) est enceinte (de qui, comment, après une mission de deux ans ? Cherchez pas à comprendre on a dit).

Assurant la réalisation, Clooney fait corps avec sa toile de fond écolo et recycle certains de ses films précédents comme acteur : la quête existentielle de Solaris (Soderbergh, 2002), la pluie de météorites façon Gravity (Cuarón, 2013). Il emprunte aussi la mission de la dernière chance d’Interstellar (Nolan, 2014), la randonnée polaire de The Day After Tomorrow (Emmerich, 2004). Ce compost débouche sur un ersatz sans saveur.

Comme la barbe de père Noël dont est affublé Clooney (sosie du retraité David Letherman), les artifices masquent le vide sidéral du propos. À partir d’un enjeu initial majeur, la double motivation de Lofthouse s’avère in fine usée jusqu’à la grosse ficelle scénaristique : rédemption paternelle et nouvel Eden à coloniser.

Minuit dans l’univers / Midnight Sky Guimauve apocalyptique De George Clooney Scénario Mark L. Smith d’après un roman de Lily Brooks-Dalton Avec George Clooney, Felicity Jones, David Ayelowo,… Durée 2h02.

© D.R.