Mission impossible: l’indestructible

CinémaVidéo

Alain Lorfèvre

Publié le - Mis à jour le

Mission impossible: l’indestructible
© Paramont

Mission impossible : réussir un blockbuster avec une star à l’aura déclinante. Quinze ans après la première adaptation de la mythique série télévisée des années soixante par Brian De Palma, le pari est d’autant plus casse-gueule que la trilogie Jason Bourne et le James Bond new style ont achevé de reléguer au placard les agents secrets d’antan.

Le gros culot de ce quatrième volet, non numéroté mais simplement titré ("Mission : Impossible - Le protocole fantôme"), est au contraire d’assumer ses origines au point d’y revenir. Pour Ethan Hunt, une nouvelle fois (presque) seul contre tous, l’enjeu est d’empêcher une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la Russie, comme au bon vieux temps de la guerre froide

Ce retour vers le futur a été confié à un réalisateur venu de l’animation. Brad Bird, auteur de deux des plus gros cartons du cinéma d’animation ("Les Indestructibles", "Ratatouille"), est aujourd’hui peut-être plus bankable que Tom Cruise. Depuis "Les Indestructibles", on sait Bird nostalgique du cinéma d’espionnage millésimé sixties. Avec un plaisir non dissimulé, il s’empare de l’hénaurmité du scénario et, à défaut d’une totale originalité, fait montre d’une certaine efficacité.

Hi-tech mais pas trop, tension plutôt qu’action : on retrouve ici les prémices du premier épisode cinématographique signé De Palma. La première demi-heure, très réussie, se ponctue d’une infiltration du Kremlin aussi inventive que la série originale. Mais le boum qui la ponctue le rappelle : avec Ethan Hunt, tout n’est qu’éphémère illusion. Peu importent les raisons pour lesquelles il court, pourvu qu’il coure. Au diapason du décor du deuxième chapitre - Dubai -, la surenchère reprend ses droits : escalade de la plus haute tour du monde, méchants en avance sur l’horaire, double opération et une tempête de sable qui met ses grains dans la mécanique D’autres seraient déjà rassasiés, mais il faut manger le seau de pop-corn jusqu’à la lie. Alors, s’ajoute un plat de résistance à Bombay, avec fête de milliardaire indien, prototype futuriste de BMW (un placement de produit parmi tant d’autres), drague express (à faire passer DSK pour un débutant) et chasse aux codes nucléaires dans un parking automatisé pendant qu’un missile de croisière fonce vers San Francisco Ouf ! Entre deux beignes, Bird y perd le Cruise Control.

Mais Jeremy Renner veille dans l’ombre : le nouveau Jason Bourne porterait aussi avantageusement le costume de ce James Bond américain si d’aventure, Hunt raccrochait le sien. Ou plutôt si le public devait se lasser de la vilaine frange de Tom. Dans le jargon des services secrets, ça s’appelle un asset : la Paramount l’a placé sur l’échiquier en guise d’assurance-vie pour sa franchise.

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