Ça, moche et insignifiant. Scénario idiot, esthétique hideuse; un laid moment à passer

Vous n’y échapperez pas ! Les minions ont envahi les pots de yogourt et on tartine désormais le pain et les crêpes avec du Gruttela. Il y a du "Moi, moche et méchant 3" dans tous les rayons du supermarché, du ballon plage jusqu’à la rentrée scolaire. C’est "MMM 3" ou c’est "Cars 3".

Le mou des enfants est tellement pilonné par la pub, qu’ils vous tanneront jusqu’à obtenir satisfaction. C’est un mauvais moment à passer. Ou plutôt un laid moment à passer, l’esthétique est résolument nouveaux riches. La bonne nouvelle, c’est que c’est court. Même si on regarde souvent sa montre, quand on a enlevé les dix minutes du générique de fin, il doit rester 1h15 à tout casser. Mais c’est du pénible.

L’idée, voire le concept du troisième volet de cette franchise - qui avait si bien commencé mais fut rapidement pourrie par son succès, d’où cette dimension "nouveaux riches" probablement -, c’est le croisement de "Godzilla" et des années 80. Balthazar Bratt, héros d’une série à succès, a mal tourné dès qu’il fut déprogrammé. Ou plutôt, il a voulu devenir dans la vie, le méchant garçon qu’il était à la télé. Ses armes imparables : le chewing gum à bulles et les tubes des eighties, Bee Gees, Olivia Newton-John, etc. Par ailleurs, Gru doit redevenir méchant s’il veut récupérer son job de… gentil.

Comme la production entendait capitaliser un maximum sur le merchandising, elle a choisi la rapidité en zappant l’étape scénario, préférant en mettre plein la vue au moyen de séquences hénaurmes, pompées à des scènes cultes.

S’il n’y aura probablement aucune possibilité de contourner l’obstacle pour sauver la paix des familles, il existe toujours une solution simple : fermer les yeux. L’agression visuelle est de loin la plus douloureuse.


© IPM
Réalisation : Pierre Coffin&Kyle Balda. Avec les voix de Gad Elmaleh, Audrey Lamy, David Marsais… 1h 30.