Avec son premier roman, Henri s’est offert une villa 8 façades avec garage (pour sa Porsche), dans une clairière, avec vue sur l’océan et les montagnes. Depuis, il continue à publier des romans qui sortent sans faire de vagues. Ça paie le prêt hypothécaire mais ça ne fait même plus une colonne dans le Monde des Livres.

La faute à qui ? À sa femme et ses quatre enfants qui l’ont englué dans les problèmes du quotidien, le saignant de son énergie créatrice. S’il veut écrire à nouveau un bon livre, il se dit qu’il n’y a pas 36 solutions : il faut se débarrasser de ces parasites qui encombrent son cerveau et siphonnent son compte en banque.

Quand un soir d’orage, un chien fait irruption dans son salon. Il est énorme, il pue, il ne pense qu’à niquer. Henri s’y attache très vite. D’abord, parce que le molosse le venge des petites et des grandes vexations de la vie. Ensuite, parce qu’il en vient à s’identifier à ce clebs rejeté par tout le monde. Enfin, parce que, contre toute attente, ce chien qu’il a baptisé Stupide, va l’aider à atteindre son objectif.

Du Pacifique à l’Atlantique

Yvan Attal s’est reconnu dans ce roman majeur de John Fante. L’écrivain américain y exprimait sa frustration d’avoir sacrifié sa carrière de romancier en devenant scénariste à Hollywood, ce qui lui a permis de se payer une villa à Malibu, avec vue sur le Pacifique, et d’offrir tout le confort à sa femme et ses quatre enfants.

Yvan Attal, non plus, n’a pu rééditer le coup d’éclat de son premier film Ma femme est une actrice. Sa filmographie a d’ailleurs pris un tour carrément pathétique avec Do Not Disturb ou Ils sont partout.

Il s’est donc projeté dans Mon chien Stupide qu’il a transposé en France, poussant l’identification jusqu’à s’attribuer le rôle de l’auteur en panne et à confier celui de l’épouse, à sa propre femme : Charlotte Gainsbourg.

En caricaturant les personnages, en réduisant les enfants à des clichés et en multipliant les punchlines ; il trousse une comédie qui fait rire, ce qui n’est déjà pas si mal si mal en France où il est généralement recommandé de se pincer le nez.

En revanche, pour ce qui est de l’introspection, de la crise de la cinquantaine, de l’autodérision, du trajet intérieur d’un auteur ; Yvan Attal n’est pas Woody Allen, ni John Fante, et son humour ne passe pas la barre du deuxième degré.

Mon chien Stupide Introspection dramatique De Yvan Attal Scénario Dean Graig, Yvan Attal, Yaël Langmann d’après l’œuvre de John Fante Avec Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Ben Attal Durée 1h45.

© Note LLB