Dans la famille Scott, je prends le neveu de Tony, le fils de Ridley : Luke Scott. Les premiers plans de "Morgan" ne mentent pas, le garçon a le sens du cadrage, de l’ambiance anxiogène.

Une expérience ultra secrète et ultra touchy a connu un incident très grave. Un expert est envoyé sur les lieux isolés en pleine nature pour rédiger un rapport, évaluer les risques. Sont-ils trop importants par rapport aux rendements escomptés ? Pour les concepteurs de cette expérience en cours depuis 7 ans, ce projet ne s’appelle plus "L9" mais Morgan. Ils ont eu le temps de s’attacher à cette gamine en ADN synthétique. Elle a 5 ans mais en paraît 16, parle déjà plusieurs langues, est dotée d’une force inouïe, mais surtout elle incarne la nouvelle génération d’intelligence artificielle, celle qui est dotée d’émotions. Capable d’affection intense mais aussi de violentes colères.

Pour son premier film, Luke Scott affiche des intentions post-gothiques. Le récit a pour cadre un manoir décati et britishissime qui dissimule des laboratoires high-tech. Le réalisateur propose une énième variation sur "Frankenstein", mais on est loin de "Ex-Machina". Il s’agit ici d’une banale petite série B pépère. Luke Scott obtient, avec satisfaction, son permis de tourner. Mais ce coup d’essai n’a rien du coup de maître de papa avec ses "Duellistes".


© IPM
Réalisation : Luke Scott. Avec Kate Mara, Anya Taylor-Joy, Toby Jones… 1h 32