Cinéma

Ce week-end, la Mostra attendait avec impatience la venue de Mel Gibson. Après avoir accompagné à Cannes « Blood Father » de Jean-François Richet (en salles mercredi), l’Australien était hier au Lido pour présenter, hors Compétition, son cinquième film en tant que réalisateur: Hacksaw Ridge, « Tu ne tueras point » en français.

« Hacksaw Ridge » retrace le destin de Desmond Doss, premier objecteur de conscience à avoir obtenu les honneurs militaires pour son héroïsme durant la Seconde Guerre mondiale. Campé par Andrew Garfield, ce gamin des Blue Ridge Mountains, chrétien convaincu, choisit de s’engager comme secouriste mais refuse, au nom du Sixième Commandement, de tuer et donc de porter une arme…

Si le film a divisé, ce n’est pas tant cette fois pour la violence qui explose à l’écran dans une représentation très gore d’un champ de bataille (corps déchiquetés, membres amputés, boyaux à l’air…) que par sa propagande religieuse presque kitsch. Car s’il n’a pas de fusil, Doss se bat, la Bible à la main, pour venir en aide à ses camarades. Telle une incarnation du Christ, il est prêt à sacrifier sa vie pour sauver celle des autres…

Lourdinque, certes, mais tellement en phase avec la psyché de Mel Gibson — on se souvient de sa « Passion du Christ » —, qui trouve dans ce personnage réel la façon de réconcilier sa fascination pour la violence et ses convictions religieuses profondes…

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