Le film dont Anne Gruwez est le personnage central figure dans la catégorie meilleurs documentaires.  

C’est la saga judiciaire de la rentrée 2019. Sauf qu’elle n’a rien de vraiment drôle puisqu’il est question ici, selon les interprétations, d’atteinte à la liberté d’expression et même d’entrave à la liberté de mouvements. Depuis nos révélations de lundi dernier sur la décision de Luc Hennart visant à interdire la juge Anne Gruwez de s’exprimer  - et ce depuis avril dernier - sur le célèbre documentaire "Ni juge, ni soumise", la polémique est vive. Luc Hennart a été très clair dans les médias : il lui interdit tant de s’exprimer que de participer à la cérémonie des Magritte, où le film est pourtant nommé dans la catégorie des meilleurs documentaires.

Ce mercredi, une autre bonne nouvelle est tombée pour les réalisateurs du film au succès international : "Ni juge, ni soumise" est cette fois nommé aux César.

Le président du tribunal de Première instance, Luc Hennart, peut-il empêcher la juge d’instruction Anne Guwez, héroïne du documentaire, de se rendre à ces cérémonies ? La réponse n’est pas si évidente. Contacté ce mercredi soir, Luc Hennart n’a pas répondu à nos multiples appels.

Les réalisateurs eux, trouvent cette situation regrettable. Ils n’ont d’ailleurs pas envie de se rendre tant aux César qu’aux Magritte sans Anne Gruwez. “Je suis ravi de voir que l’écriture subtile soit ainsi représentée dans une cérémonie. C’est une très chouette nouvelle mais je suis assez triste pour Anne Gruwez”, confie Yves Hinant, regrettant que cette présentation de la justice à visage humain puisse faire l'objet d’une telle décision dans le chef de Luc Hennart.

“Je ne veux néanmoins par rester fermé. J’invite Luc Hennart à discuter autour d’un café. Agissons plutôt que de ne rien faire. Cela peut se régler, j’en suis certain. Il doit pouvoir respecter la liberté des réalisateurs. L’objectif était de suivre le travail d’un juge d’instruction et c’est ce que nous avons fait”, s’exclame Yves Hinant. Et ce dernier d’ajouter qu’on ne peut museler l’espace et interdire à un acteur judiciaire de s’exprimer ou de se déplacer. “Je ne comprends pas la démarche”.