Jusqu’ici, “tout va bien”. Méthode Coué version vénitienne : la Mostra del Cinema a dévoilé sa sélection, pour une 77e édition qui devrait se tenir du 2 au 12 septembre, sauf retour massif de virus. Nonobstant le retour à l’orange de certains pays européens sur la carte du Covid, les reports sine die à répétition des blockbusters de l’été, la refermeture de certaines salles en France ou l’annulation, ailleurs dans le monde, d’autres festivals, comme celui de Hong Kong, les organisateurs veulent maintenir le cap. Le festival devrait donc débuter le 2 septembre avec Lucci (hors compétition), drame de Daniele Luchetti (Mon frère est fils unique) avec Alba Rohrwacher et Luigi Lo Cascio (vu récemment dans Il traditore).

Mais chi va piano va sano : le programme est réduit par rapport aux années précédentes (une cinquantaine de films au total). Le festival se tiendra selon un protocole sanitaire strict, notamment de distanciation physique dans les salles, en raison de la pandémie. Photographes et chasseurs d’autographes devront se tenir...

L’annulation de festivals majeurs comme Cannes ou, États-Unis, les tremplins pour le cinéma d’auteur que sont SXSW et Tribeca, fera de Venise 2020 le premier grand rendez-vous de l’année pour le cinéma mondial, un espoir dans une année marquée aussi par les fermetures de salles, les suspensions des tournages et une saison printemps-été qui aura été catastrophique pour tous les acteurs de la chaîne de production et de distribution.

Ces dernières années, sous la direction de son directeur Alberto Barbera, le festival de Venise est devenu le lancement officieux de la saison des prix, qui se ponctue avec les oscars. Ce fut le cas en 2018 et 2019, respectivement avec Roma d’Alfonso Cuarón et Joker de Todd Phillips, tous deux couronnés à Venise du Lion d’or avant de devenir un succès public international et de remporter des oscars.

Mais il ne faut pas non plus rêver au temps du Corona : la persistance de la pandémie et les incertitudes qu’elle engendre empêchent Venise d’aligner cette année des poids lourds – films ou stars. Tous les studios hollywoodiens désertent le Lido cette année, y compris Netflix qui avait présenté ces deux dernières années de belles œuvres (Roma et Marriage Story). Seuls deux films américains sont présents en compétition : The World to Come de Mona Fastvold et Nomadland de Chloé Zhao avec Frances McDormand. La sélection, toute catégorie confondue, aligne exclusivement du cinéma d’auteur.

Le jury présidé par Cate Blanchett a toutefois quelques belles promesses cinéphiles en compétition : Lisa Redler de Nicole Garcia, avec Pierre Niney, Stacy Martin et Benoît Magimel, Laila in Haifa d’Amos Gitai, Dear Comrades du vétéran russe Andreï Kontchalovski, Les amants sacrifiés de Kiyoshi Kurosawa, Nuevo Orden de Michel Franco (Después de Lucía) ou Pieces of a Woman du Hongrois Kornel Mundruczo (White Dog), coproduction canadienne avec Vanessa Kirby and Shia LeBeouf. Notons aussi la sélection d’une coproduction italo-belge, Miss Marx, de Susanna Nicchiarelli (qui a réalisé en 2017 Nico 1988).

Parmi les films hors compétition, Venise a retenu Night in Paradise, film de gangster du Coréen Park Hoon-jung, The Duke, une comédie criminelle de Roger Mitchell, le réalisateur de Coup de foudre à Noting Hill, avec Jim Broadbent et Helen Mirren, la coproduction franco-belge Mandibules, nouveau film de Quentin Dupieux, Greta, un portrait documentaire de Greta Thunberg par Nathan Grossman ou City Hall nouveau documentaire du vétéran Frederick Wiseman. Dans la sélection Horizons, dévolue aux talents émergents, un nom est Mainstream, comme le titre de son film : celui de Gia Coppola, petite-fille de Francis Ford et nièce de Roman et Sofia. Le buzz est sauf.