Cinéma

Caïd new-yorkais, Victor Hoyt (Terrence Howard) reçoit d’inquiétants messages anonymes, en même temps que ses hommes de main se font descendre l’un après l’autre. La vengeance semble ceci dit plus personnelle que "professionnelle". Il charge son bras droit Alphonse (Colin Farrell) d’enquêter. Discret, celui-ci vit reclus dans un petit appartement HLM. De sa fenêtre, il observe Béatrice (Noomi Rapace), une Française vivant seule avec sa mère (Isabelle Huppert). Les deux s’observent, s’apprivoisent et finissent par se rencontrer Sauf que la jeune femme n’est pas là que pour ses beaux yeux. Défigurée dans un accident de voiture, elle fait chanter son mystérieux voisin, exigeant qu’il élimine le chauffard. Sans quoi, elle ira voir la police pour dévoiler ses activités criminelles

Noir ! Il n’y a guère d’autre mot pour définir "Dead Man Down", premier film hollywoodien du Danois Niels Arden Oplev, qui surfe sur le succès mondial de "Millenium", dont il avait signé le premier volet (et de loin le meilleur) de l’adaptation danoise. Polar + réalisateur venu du froid, on pense forcément à "Drive" ! Même héros ténébreux au visage impassible, même rencontre improbable avec une voisine solitaire, mêmes démêlés inextricables avec la pègre Surtout, même tentative de se servir du polar pour creuser des questions existentielles Seulement voilà, si "Drive" était touché par la grâce (scénario, mise en scène, comédiens, bande originale ), "Dead Man Down" reste au niveau du petit film de série B, non dénué de charme mais sans génie. Tandis que le fade Colin Farrell est loin du charisme magnétique de Ryan Gosling

De même, Niels Arden Oplev n’est pas Nicolas Winding Refn Tout en retenue dans "Millenium", où il révélait Noomi Rapace (qu’il retrouve ici), le Danois hérite d’un scénario lourdingue, où tout paraît appuyé. Dès la première scène, mettant en scène un jeune voyou avec son bébé dans les bras, on comprend qu’il sera question ici de la condition humaine, de la difficulté de faire quelque chose de sa vie, de construire quelque chose Et si l’on apprécie une certaine bizarrerie (dans le choix des décors, qui montrent un New York plus Bronx ou Queens que Manhattan, ou à travers le personnage décalé d’Huppert, en roue libre), les références sont tellement lourdes (Brian De Palma, sors de ce corps ) que le film finit écrasé. Notamment dans son final ridicule, qui rejoue "Scarface" (le personnage de Noomie Rapace) de façon inversée

Réalisation : Niels Arden Oplev. Scénario : J.H. Wyman. Photographie : Paul Cameron. Musique : Jacob Groth. Avec Colin Farrell, Noomi Rapace, Terrence Howard, Dominic Cooper, Isabelle Huppert 1 h 57.