Une biographie édifiante d’un résistant africain de la Seconde Guerre mondiale.

En 2003, Mamadou Addi Bâ a reçu, à titre posthume, la médaille de la résistance. Fusillé par les troupes allemandes en 1943 à Epinal, celui-ci dirigea le maquis des Vosges. L’un de ses faits d’armes est d’avoir fait sauter un pont de chemin de fer et avec lui un important convoi d’armes en provenance d’Allemagne… C’est à cette figure oubliée de la résistance française que rend hommage "Nos patriotes"…

Le film s’ouvre sur une image forte. A l’issue de la débâcle de juin 1940, les Allemands font prisonniers 15 000 tirailleurs africains. Addi Bâ est l’un d’eux. Transférés dans un camp des Vosges, ceux-ci servent de chair à canon à un général nazi, qui tourne un film de propagande. "On a gagné tellement vite qu’on n’a pas eu le temps de tourner nos actualités. Alors on va jouer à la guerre !" Sauf que les Allemands jouent à balles réelles, face à des soldats noirs désarmés. Avec d’autres, Addi Bâ parvient à fuir. Il est recueilli par Christine (Alexandra Lamy), institutrice et future membre d’un réseau de résistance vosgien, dans lequel elle fera entrer l’ancien soldat noir…

Tant sur le fond que sur la forme, difficile de faire plus convenu que "Nos patriotes". On se retrouve en effet face à un téléfilm poussiéreux, un long épisode d’"Un Village français", où aucun cliché ne nous est épargné sur la Seconde Guerre mondiale et la barbarie nazie. On se souvient de la dignité avec laquelle Rachid Bouchareb filmait ses tirailleurs dans "Indigènes". Gabriel Le Bomin reste ici dans une évocation totalement hagiographique de son personnage, présenté sans aucune aspérité.

Tout sonne faux dans ce film. A commencer par les dialogues lourds et pontifiants. Tandis que, pensé pour le prime time de France 3 plus que pour le grand écran, le casting ne réunit que des figures rassurantes (Alexandra Lamy, la petite Louane…). Tous multiplient les trémolos dans la voix pour tenter, vainement, d’incarner la gravité de la situation. Plus à l’aise dans la comédie, Marc Zinga s’en sort à peine mieux dans le rôle principal.

La mémoire de Addi Bâ Mamadou méritait vraiment mieux que cette pénible image d’Epinal…


© IPM
Scénario & réalisation : Gabriel Le Bomin. Photographie : Jean-Marie Dreujou. Musique : Fabian Römer. Avec Marc Zinga, Louane Emera, Alexandra Lamy, Pierre Deladonchamps, Astrid Whettnall… 1 h 45.