Cinéma

Nourrir son regard sur l'Afrique

Karin Tshidimba

Publié le - Mis à jour le

Une "presque miss" amoureuse d'un "presque imam" peuvent-ils espérer voir leur futur enfant accueilli dans la joie par leurs deux familles ? Un ex-enfant soldat peut-il retrouver une vie normale loin des mânes qui le hantent ? "Madame" peut-elle entretenir une relation saine avec son jeune serviteur noir tandis que sa mère agonise ? Zanga, ingénieur brillant, percera-t-il le secret de ses origines en revenant au village ? Ces questions, et tant d'autres, ont été diversement posées durant la quatrième édition du Festival des cinémas africains.

Entamée jeudi dernier, la manifestation a donné à voir toutes les palettes de l'Afrique : éternelle, sensuelle, chaotique, guerrière ou talentueuse. Des points de vue qu'un public, souvent connaisseur, n'a pas hésité à questionner en compagnie des réalisateurs ou producteurs présents lors des projections au cinéma Vendôme et au théâtre Molière.

Trois films primés

Pour mieux soutenir cette effervescence qu'il met en lumière sur grand écran, le festival a lancé cette année une compétition documentaire soutenue par Africalia. Au terme de deux journées de projections, le jury composé d'étudiants de l'IAD, de l'Insas, de l'ULB et de l'Isis (Ecole de cinéma de Ouagadougou), placés sous la houlette du documentariste Samba Félix N'diaye, a départagé la quinzaine de films sélectionnés, donnant lieu au sacre de trois oeuvres : "Hospedes da noite" du Mozambicain Licinio Azevedo, salué pour "son parti pris sans complaisance et son regard audacieux sur un microcosme universel". A l'époque colonial, le Grand Hotel qu'il filme était le plus beau du Mozambique : 350 chambres, des suites luxueuses, une piscine olympique. Aujourd'hui qu'il est en ruines, privé d'eau et d'électricité, 3 500 personnes l'occupent parfois depuis vingt ans déjà...

Dans la foulée, le prix du meilleur espoir a été attribué à une femme qui n'en manque pas : Katy Ndiaye qui propose un regard plein de tact et de tendresse sur la situation des femmes en Mauritanie. Son film "En attendant les hommes" semble d'ailleurs poursuivre le travail initié en 2004 avec "Traces, empreintes de femmes".

Enfin, une mention spéciale a été décernée à "Coming of Age" de la Kenyane Judy Kibinge pour "la maîtrise du propos et la particularité d'un regard qui évolue en même temps que le film".

Mardi soir, le festival a tiré sa révérence après avoir rendu un vibrant hommage à Léopold Sedar Senghor. Pour un peu, on aurait juré qu'il adressait ainsi un ultime clin d'oeil à son frère en négritude récemment décédé, Aimé Césaire. Qui sait, peut-être sera-t-il présent sur grand écran, l'an prochain...

Nourrir le regard

Et en attendant ? Le festival se clôt sur une autre bonne nouvelle : la mise en place d'une médiathèque permettant de "prolonger le plaisir" (40 films pour commencer, mis à disposition des membres du CEC par l'Organisation internationale de la francophonie) en attendant d'autres titres (une centaine) récents ou plus anciens...

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